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Rue du Blogule Rouge Insoumis

Rue du Blogule Rouge Insoumis

Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le par rue du blogule rouge

Jean-Marc Trarieux, vous connaissez ?

Martin Merlin, vous connaissez ?

Denis Redonnet, vous connaissez ?

Aymeric Pontvianne, vous connaissez ?

Étienne Oudot de Dainville, vous connaissez ?

 

 

Une belle brochette ...
Une belle brochette ...
Une belle brochette ...

Une belle brochette ...

Ces hauts fonctionnaires, sous la houlette du dernier cité, ou celle d’Aymeric Pontvianne, son suppléant, sont, aux côtés d’une trentaine d’autres technocrates européens et avec Emmanuel Macron , « notre » ministre de l’Économie, les négociateurs du traité de libre échange que les États Unis d’Amérique souhaitent signer ave l’Union Européenne.

Il s’agit du fameux TAFTA, ou GMT (grand Marché Transatlantique) ou TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) dont l’objectif est de créer un grand marché transatlantique entre Europe et Amérique. Ce traité s’ajouterait ainsi à la vingtaine d’accords déjà officiellement signés par les USA avec des états étrangers.

Mais qui sont ces négociateurs chargés de parler en notre nom ? Aucun d’eux, bien sûr, n’a été élu ! Ils ont été mandatés soit par l’Union Européenne soit par le gouvernement français. C’est plus exactement le Conseil de l‘UE, c’est-à-dire les chefs d’état ou de gouvernement, qui a donné mandat à la Commission d’ouvrir des négociations avec les USA.

Jean-Marc Trarieux, diplômé d’économie agricole à Montpellier, est secrétaire de l’Unité agriculture et pêche à l’UE.

Martin Merlin, diplômé en affaires internationales à Paris, travaille à la Commission européenne depuis 1997. Il en est le chef de l’Unité politique des services financiers.

Denis Redonnet, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris et du collège d’Europe à Bruges, travaille à l’UE depuis 2008. Il est actuellement chef de l’Unité « Stratégies commerciales » à la Commission européenne.

Aymeric Pontvianne, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris est un ancien élève de l’ENA (promotion Romain Gary en 2005, la même promotion que l’actuel ministre du commerce extérieur, Matthias Fekl). Maître des requêtes au Conseil d’État, chef de bureau pour la politique commerciale de l’OMC et des accords commerciaux de l’Union Européenne, il est le représentant suppléant de la France au Comité de politique commerciale de l’Union Européenne.

Quant à Étienne Oudot de Dainville, sous-directeur à la direction générale du Trésor, il est le représentant titulaire de la France au comité de politique commerciale de l’Union européenne. Énarque de la « promotion Valmy », il y a eu pour condisciples 6 futurs collaborateurs de Nicolas Sarkozy, David Martin, Cédric Goubert, Olivia Cohenn, Éric Garandeau, Raphaël Rodanne et Cécile Fontaine mais aussi Nicolas Cacoen, conseiller d’Éric Woerth, Hervé Drouet, conseiller de Xavier Bertrand, Frédéric Mondolani, conseiller d’Hervé Morin, Jean-Marc Séné-Charlet, conseiller de Christine Albanel et Virginie Magnant, conseillère de Martin Hirsh.

Le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, ancien élève des Jésuites et ancien banquier d’affaires chez Rothschild § Cie, vous savez, celui qui, en 2013, dans une interview à Médiapart, estimait que « la société statutaire où tout sera prévu va inexorablement disparaître » (traduction : « il faut supprimer les règles qui entravent la société libérale »), fait évidemment partie de ces négociateurs, dont il est censé être le patron pour la France. Lui non plus, d’ailleurs, n’a jamais été élu.

S’il ne s’agissait que d’un traité commercial de plus, ce ne serait pas trop grave. Mais en réalité, ils négocient en ce moment même le genre de société dans lequel nous vivrons tous après la signature de l’accord !

Il s’agit en effet pour les négociateurs de créer le Grand Marché Transatlantique dont rêvent les multinationales européennes et surtout américaines.

Que veulent en effet les Américains ? Lisez attentivement ce qui suit, c’est instructif !

Sur le site de la Représentation des États-Unis pour le Commerce, à destination de l’opinion publique états-unienne, les objectifs des USA sont décrits comme suit (traduction et quelques commentaires = Rue du Blogule Rouge) :

Commerce des marchandises

  • « Nous cherchons à éliminer toutes les taxes et autres charges pesant sur le commerce agricole, l’industrie et les biens de consommation entre Etats Unis et Union Européenne… »

Textiles et vêtements

  • « Nous cherchons à obtenir un accès réciproque des deux marchés dans le domaine du textile pour faciliter le commerce américain du textile… » L’industrie textile américaine représente 2,4 milliards de dollars chaque année. Il s’agit de s’assurer que des textiles produits par des pays tiers ne viennent pas les concurrencer !

Barrières non-tarifaires et problèmes de contrôle

  • « Nous cherchons à éliminer ou réduire les barrières non-tarifaires qui gênent les exportations américaines, procurent un avantage aux produits de l’UE, ou tout autre commerce inéquitable, tel des normes sanitaires ou phytosanitaires injustifiées… » Volailles aux hormones lavées au chlore, aliments aux OGM, pesticides, antibiotiques, hormones de croissance, font partie de ce pack.
  • « Tout en maintenant le niveau de santé, de sûreté et de protection environnementale que notre peuple est en droit d’espérer, nous recherchons une plus grande homogénéité entre les droits et règlements des USA et ceux de l’UE dans le but de réduire les coûts et de faciliter le commerce… »
  • « Nous cherchons à établir les principes de base en conformité avec les recommandations de l’OMC quant à l’application des normes phytosanitaires… »

Il s’agit bien de « libérer » le commerce des pesticides, ou celui des OGM, qui ne sont nullement interdits par l’OMC.

Commerce et services

  • « Dans le domaine des services, les USA sont le plus grand exportateur mondial. Nous voulons obtenir un accès plus large à ce marché dans l’Union européenne… »

Commerce électronique

  • « Nous cherchons à développer le commerce électronique… Les producteurs américains de services Internet disposent de plateformes leur permettant d’accéder à quelques unes des plus riches économies mondiales comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie. Les producteurs de films, les musiciens, et les développeurs de logiciels devraient pouvoir vendre leurs films, leurs musiques, leurs jeux vidéo et d’autres produits numériques en Europe, qui représente un marché de 500 millions de consommateurs, sans subir de tarifs douaniers ou sans être désavantagés, juste parce que leurs produits sont vendus sur Internet au lieu de l’être par CD ou DVD… »

Investissements

  • « Nous cherchons à assurer aux investisseurs US dans l’UE des droits comparables à ceux qui existent aux USA… »
  • « Nous voulons la garantie que les investisseurs US jouiront des mêmes avantages que les investisseurs européens ou d’autres pays étrangers et nous cherchons à éliminer ou réduire les barrières qui fausseraient la compétition pour les investissements US dans l’UE. »

Droits du travail

  • « Nous voulons obtenir de l’UE des engagements respectant les droits du travail reconnus internationalement en cohérence avec les priorités et objectifs États-Uniens … »

Les droits du travail « reconnus internationalement » n’incluent ni le SMIC ni les droits des chômeurs, par exemple. Supposons qu’un gouvernement veuille augmenter le SMIC. Les profits baisseraient : un industriel pourrait faire annuler la mesure.

Environnement

  • « Nous cherchons à obtenir, en conformité avec les objectifs et priorités US, des engagements de l’UE pour protéger l’environnement, incluant les ressources naturelles, le renforcement des lois environnementales, et la recherche de communautés de vue sur des questions d’intérêt mutuel. » (sic !).

Propriété des droits intellectuels

  • « Nous cherchons à obtenir, en accord avec les priorités et les objectifs US, des garanties appropriées reflétant des objectifs partagés entre US et UE d’un haut niveau de protection… » Belle phrase sans aucun sens !

Entreprises nationales

  • « Nous cherchons à établir, pour les entreprises d’état, des règles de transparence qui réduisent les distorsions commerciales. » Il faut une concurrence « libre et non faussée », donc pas de monopole d’une société nationale et pas de « privilège national » pouvant défavoriser une entreprise américaine.

Tribunal arbitral

  • « Nous cherchons à établir des procédures équitables, transparentes et efficaces pour régler les différends pouvant apparaître à propos de cet accord de commerce et d’investissement avec l’Union Européenne, réglant les disputes par la consultation. »

Quant à l’additif à ce paragraphe, il est d’une éloquence rare :

« Nous voulons que les accords commerciaux signés établissent des règles contraignantes pour ouvrir les marchés aux investisseurs US… Quand nous négocions un accord commercial nous attendons de nos partenaires une stricte application des règles qu’ils ont acceptées. Cependant, quand nos partenaires commerciaux manquent d’appliquer ce qu’ils ont promis – que ce soit la réduction des tarifs douaniers, l’implantation de nouvelles règles strictes sur le travail ou l’environnement, ou un traitement partial de nos investisseurs – nous avons besoin de moyens de coercition. C’est pourquoi nous avons comme objectif importantl’établissement d’un mécanisme fiable et ouvert de jugement des différends. Le tribunal arbitral nous donnera les moyens d’appliquer notre politique. Il donnera au public américain la confiance que nous n’avons pas seulement négocié un accord mais que nous avons les moyens de le faire appliquer. »

 

Résumons-nous !

La suppression des barrières non tarifaires amplifierait les effets du dumping salarial, social fiscal, environnemental. Elle tirerait vers le bas les normes sociales sanitaires environnementales et de droit du travail.

Seules les multinationales seront aux commandes, les citoyens, qu’ils soient américains ou européens en seront les victimes !

Ne laissons pas faire et ne laissons pas signer en notre nom ce traité comme ce fut déjà le cas pour le traité entre l’UE et le Canada.

Il est important et urgent de lutter contre ce projet et de refuser la signature de ce traité.

Le collectif stop TAFTA de La Rochelle organise une manifestation (à bicyclette) samedi 11 octobre 2014 à 14 h 30 à la Rochelle, place du Commandant de la Motte Rouge. Venez nombreux !

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