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Rue du Blogule Rouge Insoumis

Rue du Blogule Rouge Insoumis

Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le par rue du blogule rouge

Bolivie, Brésil, Uruguay (après le Venezuela), les candidats de gauche aux élections présidentielles ont, ces derniers temps, tous été réélus. Largement, comme Evo Morales en Bolivie (vous savez, Evo Morales, celui que François Hollande a, l’an passé, pour plaire aux USA, interdit de survol du territoire français et que l’Italie a retenu plusieurs heures au sol comme un vulgaire migrant sans-papier), ou de façon plus serrée, comme Dima Roussef au Brésil et Tabaré Vasquez en Uruguay (mais lui n’était pas le sortant), mais réélus ! 

Ils nous apportent un gros rayon de soleil et font l’admiration des partis de gauche en France ! Voyez plutôt :

Dans un communiqué, le Parti de Gauche salue la réélection de la Présidente Dilma Rousseff :

Samedi 1 Novembre 2014

« Le Parti de Gauche adresse à la Présidente Dilma Rousseff, ainsi qu’au Parti des Travailleurs, ses chaleureuses félicitations suite à sa victoire électorale, ce dimanche 26 octobre. Au terme d’une campagne où la droite a plus que jamais instrumentalisé les médias pour diaboliser un programme porteur d’avenir, les urnes ont montré que la majorité de la population Brésilienne attend davantage de politiques sociales, de démocratisation de l’éducation, de logements sociaux et de droits de l’homme. Tout en donnant continuité aux programmes lulistes qui ont sorti le pays de la carte mondiale de la faim et permis à de millions de jeunes d’accéder à l’enseignement supérieur, la Présidente Dilma Rousseff a aussi ouvert d’importants dialogues avec les mouvements sociaux qui militent pour davantage de transformation. La participation populaire aux décisions publiques est un fait au Brésil et a entre-autre conduit à l’adoption d’une loi comme le cadre régulateur de l’Internet, un des textes les plus innovants au monde.

Impliqués en France dans une campagne nationale pour une Assemblée Constituante, nous sommes bien conscients de la difficulté que représente la lutte contre les oligopoles conservateurs et rétrogrades. C’est pourquoi nous adressons à Dilma Rousseff tout notre soutien dans sa détermination à mener à bien la réforme politique des institutions et du système médiatique dont le Brésil a tant besoin. »

Pour le PCF, Pierre Laurent félicite Dilma Rousseff pour sa réélection :

"Madame la présidente, chère amie,

Je tiens à vous exprimer, en mon nom et celui du Parti Communiste Français, mes plus chaleureuses félicitations pour votre réélection à la présidence de votre grand et merveilleux pays.

Votre réélection est un encouragement et un point d'appui pour les forces progressistes de par le monde. C'est un soulagement, car les candidats de droite n'ont pas hésité à utiliser les pires méthodes pour vous dénigrer. Elle permet, j'en suis sûr, de concevoir de nouveaux liens de coopérations entre nos deux pays, mutuellement avantageux.

Cette élection marque surtout l'attachement du peuple brésilien, notamment des plus modestes, aux politiques menées sur les questions sociales. Elle permet de poursuivre vos efforts en direction des plus modestes et d'entendre le message qu'ils vous ont adressé, en menant une politique anti austérité."

 

Pour l'Uruguay, par un autre communiqué, le PCF salue la victoire du "Front large" :

Le Parti communiste français salue la victoire obtenue par le Front large aux élections législatives en Uruguay et félicite très chaleureusement son candidat Tabaré Vazquez pour le résultat obtenu au 1er tour de l'élection présidentielle du 26 octobre dernier.

Avec plus de 47% des voix, Tabaré Vazquez devra affronter le candidat de la droite lors du 2ème tour le 30 novembre prochain. Fort de son bilan sur les 2 derniers mandats, le "Front large" a tous les atouts nécessaires pour gagner cette bataille.

Le Front large, qui rassemble l'ensemble de la gauche uruguayenne depuis plus de quarante ans, se met une fois de plus au service de l'unité des forces du progrès et consolide l'expérience de transformation sociale en marche depuis 2005. Il obtient 50 sièges de députés sur 99, 15 sénateurs sur 30 et est majoritaire dans 14 des 16 départements du pays.

Fort de sa nouvelle majorité, le Front large peut désormais continuer à faire la démonstration qu'il est possible de mener des politiques où la croissance et les avancées sociales vont de pair. En 10 ans, la pauvreté est passé de de 40% à 12% et les inégalités ont été fortement réduites avec des politiques fondées sur la redistribution des richesses, la revalorisation des salaires et la création d'emplois renforcés par des programmes sociaux de soutien aux familles.

Le PCF adresse toute sa solidarité et soutien à Tabaré Vazquez, aux partis qui composent le Font large qui commencent une nouvelle bataille face à la droite.

 

Effectivement, d’après l’AFP, dans ces élections uruguayennes, « la gauche confirme son avance » :

Par Katell ABIVEN, Ana Inés CIBILS | AFP – lun. 27 oct. 2014

La gauche uruguayenne devrait décrocher fin novembre un troisième mandat présidentiel consécutif assorti d'une majorité parlementaire après l'avance de l'ancien président Tabaré Vazquez au premier tour du scrutin dimanche pour prendre la succession de José Mujica.

Après dépouillement de 99,6% des bulletins, M. Vazquez totalise 47,2% des suffrages et mène clairement la course en vue du second tour le 30 novembre face au jeune député de 41 ans de centre-droit Luis Lacalle Pou (30,5%), fils d'un ancien président.

"Aujourd'hui (lundi), (notre) majorité parlementaire est pratiquement confirmée", a déclaré à l'AFP la présidente du Frente Amplio (FA), le parti de gauche au pouvoir. Les résultats définitifs seront connus en fin de semaine après vérification par la cour électorale.

Cancérologue de 74 ans, M. Vazquez, qui fut de 2005 à 2010 le premier président de gauche de ce petit pays, est "non seulement favori mais le vainqueur annoncé", a assuré à l'AFP Rafael Piñeiro, docteur en sciences politique à l'Université catholique d'Uruguay.

Même en ajoutant à droite les 12,7% obtenus par Pedro Bordaberry, du Parti Colorado, qui a apporté dès dimanche soir son soutien à M. Lacalle Pou, la gauche reste en tête.

"Ce serait vraiment miraculeux que Lacalle Pou réussisse à inverser ce résultat", a confié à l'AFP Ricardo Lopez Gottig, analyste du Centre pour l'ouverture et le développement de l'Amérique latine (Cadal).

"C'est un triomphe du Frente Amplio", a renchéri l'analyste politique Juan Carlos Doyenart, directeur de la société de conseils Interconsult, notant que la coalition de gauche "conserve, après 10 ans de gouvernement, presque 95% des votes obtenus en 2004", année de sa première victoire.

Si la présidence de José Mujica s'est illustrée par des avancées sociales telles que l'adoption du mariage homosexuel et le droit à l'avortement, ce scrutin pourrait toutefois porter un coup à la plus ambitieuse des lois votées par le parlmement sortant : la légalisation de la production et de la vente du cannabis sous contrôle de l'Etat, votée fin 2013.

Tabaré Vazquez, qui avait pendant son mandat fait adopter de sévères lois anti-tabac, a clairement exprimé ses réserves quant à la vente publique en pharmacie du cannabis, aspect le plus controversé de la loi. Cette dernière avait été chère à "Pépé" Mujica, président ex-guerillero de 79 ans devenu la coqueluche des médias pour son style décontracté et son mode de vie austère.

- "Situation économique favorable" -

Dans ce pays de 3,3 millions d'habitants où le vote est obligatoire sous peine d'amende, un total de 2,6 millions d'électeurs avaient été appelés dimanche à choisir, outre leur président, qui entrera en fonctions le 1er mars prochain, les 30 sénateurs et 99 députés du parlement.

Au Sénat, le Frente Amplio obtiendrait 15 sénateurs et devrait compter encore un siège de plus s'il remporte le second tour, le vice-président étant aussi président du Sénat.

Pour la chambre basse, le Frente Amplio pourrait rechercher, si besoin était, un accord avec le Parti indépendant (centre-gauche), qui aurait trois députés.

Au final, malgré des sondages annonçant ces derniers mois un mécontentement des classes moyennes, demandeuses d'une amélioration en matière de santé, d'éducation et de sécurité, "la surprise a été que l'électorat est resté assez statique, conservateur", souligne Ricardo Lopez Gottig.

L'insécurité, thème majeur de l'élection alors que le pays est le plus sûr d'Amérique latine, n'a par exemple pas fait recette : le référendum organisé dimanche, à l'initiative du Parti Colorado, pour abaisser à 16 ans l'âge de la responsabilité pénale en matière criminelle a été rejeté, n'ayant obtenu que 47,14% de oui.

Les électeurs, "même désenchantés par le Frente Amplio, ont préféré lui donner un vote de continuité" et "ont privilégié la situation économique favorable par rapport aux pays voisins", selon l'analyste.

L'Uruguay, enclavé entre l'Argentine au sud et le Brésil au nord, est en effet bien loin de la récession qui frappe ces deux géants : il affiche une croissance du PIB de 4,4% en 2013 - 11e année consécutive de hausse -, un chômage d'environ 6% et un taux de pauvreté divisé par trois entre 2006 et 2013.

Et dans le monde diplomatique de novembre, Serge Halimi, dans son éditorial, est revenu sur la victoire d’Évo Morales :

Saviez-vous qu’en Bolivie…?

par Serge Halimi, novembre 2014

Par temps de crise, la réélection au premier tour d’un chef d’Etat ayant déjà effectué deux mandats n’est pas chose courante. Celle de M. Evo Morales, avec 61 % des suffrages, aurait par conséquent mérité d’être davantage soulignée. D’autant que son exploit électoral intervient dans un pays, la Bolivie, qui a vu cinq présidents se succéder entre 2001 et 2005. Et qu’il couronne une chute de la pauvreté de 25 %, un relèvement du salaire minimum réel de 87 %, la baisse de l’âge de la retraite et une croissance supérieure à 5 % par an, le tout depuis 2006. Puisqu’il importe, nous dit-on, de ré-enchanter la politique, pourquoi ne pas mieux faire connaître ces bonnes nouvelles ? Serait-ce parce qu’elles ont des réformes progressistes pour explication, et des régimes de gauche pour acteurs ?

Discrets sur les succès des gouvernements latino-américains de gauche, certains grands médias le sont tout autant sur... les échecs des pouvoirs conservateurs. Y compris en matière de sécurité. Cette année, par exemple, cinq journalistes ont déjà été assassinés au Mexique, dont un le mois dernier lors d’une émission en direct à la radio. Atilano Román Tirado réclamait souvent à l’antenne que huit cents familles expropriées en raison de la construction d’un barrage soient indemnisées. Une combativité fatale là où enlèvements, tortures et assassinats sont devenus monnaie courante, en particulier pour qui remet en cause un ordre social vermoulu et mafieux.

Les 26 et 27 septembre, quarante-trois étudiants de la ville d’Iguala, dans l’Etat de Guerrero, à cent trente kilomètres de Mexico, protestaient contre des réformes éducatives d’inspiration néolibérale promues par le président Enrique Peña Nieto. Alors qu’ils se déplaçaient en autobus, ils ont été interceptés par la police municipale et emmenés vers une destination inconnue. Ensuite, ils ont vraisemblablement été livrés à un cartel de la drogue, à charge pour celui-ci de les exécuter et de dissimuler leurs dépouilles dans des fosses clandestines. Des tombes de ce genre, on ne cesse d’en découvrir ces dernières semaines, parfois pleines de corps démembrés ou brûlés. Recherchés par la justice, le maire, sa femme et le directeur de la sécurité publique d’Iguala ont pris la fuite.

Depuis qu’il a ouvert aux multinationales le secteur de l’énergie, M. Peña Nieto est adulé par la presse d’affaires. La France lui a remis la grand-croix de la Légion d’honneur. Sera-t-il un jour interpellé par ses admirateurs sur la quasi-impunité dont bénéficient dans son pays les forces de police et les élus corrompus ? Mais les grands journaux occidentaux, les intellectuels médiatiques, Washington, Madrid et Paris ignorent peut-être quelles questions poser au président mexicain. Qu’ils imaginent alors celles qui auraient spontanément fusé de leurs cerveaux si le massacre des étudiants s’était déroulé en Equateur, à Cuba, au Venezuela. Ou dans cette Bolivie dont on chuchote qu’elle vient tout juste de réélire le président Morales.

Serge Halimi 

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