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Rue du Blogule Rouge Insoumis

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Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le
Le point de vue des Cubains, clair, net, précis et si précieux ...Le point de vue des Cubains, clair, net, précis et si précieux ...Le point de vue des Cubains, clair, net, précis et si précieux ...

Le texte ci-dessous est une déclaration du ministre des relations extérieures de Cuba.

Il vaut  autant par la précision que par la clarté de son analyse de la situation mondiale due à la crise sanitaire. 

Lisez-le jusqu'au bout, il en vaut la peine !

 

La pandémie prouve qu’au-delà des clivages politiques la coopération est incontournable

On peut d’ores et déjà mesurer les retombées du Covid-19 – et on pourra le faire encore mieux à l’avenir – par les quantités de contagieux impressionnantes qu’elle provoque, par les chiffres de décès inacceptables qu’elle entraîne, par les dégâts indéniables qu’elle cause à l’économie mondiale, à la production, au commerce, à l’emploi et aux revenus de millions de personnes. Nous sommes face à une crise qui déborde largement du terrain sanitaire.

Cette pandémie se propage dans un monde qui se caractérise par des inégalités économiques et sociales épouvantables dans les nations et entre elles, par des flux de migrants et de réfugiés sans précédent, par la résurgence de la xénophobie et de la discrimination raciale, et par le fait que les avancées impressionnantes de la science et de la technologie en matière de santé, loin de viser à garantir le bien-être et la vie saine des majorités, se concentrent toujours plus sur les affaires pharmaceutiques et sur la marchandisation de la médecine.

Elle se répand dans un monde grevé par des modèles de production et de consommation dont on sait pertinemment qu’ils sont insoutenables et incompatibles avec la finitude des ressources naturelles qui garantissent la vie sur la planète, des modèles imposés en particulier dans les pays les plus industrialisés et au sein des élites de pays en développement.

Dès avant l’apparition du premier contagieux, ce monde comptait 820 millions d’affamés, 2,2 milliards de personnes dépourvues d’eau potable, 4,2 milliards privées de services d’assainissement sûrs, et 3 milliards sans même aucune installation pour simplement se laver les mains!

Un monde pareil est d’autant plus inadmissible que, tous les ans, environ 618,7 milliards de dollars s’envolent en publicité, que 1,8 billion de dollar est englouti en dépenses militaires et en armements dont absolument aucun ne sert à combattre la menace que fait peser le Covid-19, qui a déjà causé des dizaines de milliers de morts.

Ce virus ne fait pas de discrimination entre les uns et les autres. Il ne le fait pas non plus entre les riches et les pauvres.  N’empêche que ses effets dévastateurs empirent là où vivent les plus vulnérables, les gens aux moindres revenus, dans le monde pauvre et sous-développé, dans les poches de pauvreté des grandes cités industrialisées. Et ses retombées sont spécialement fortes là où les politiques néolibérales et les réductions des dépenses sociales ont limité les capacités de gestion publique de l’État.

Il fait plus de victimes là où les gouvernements ont réduit les budgets consacrés à la santé publique. Il cause plus de dommages économiques là où l’État a peu de possibilités ou aucune de  venir à la rescousse de ceux qui perdent leur emploi, doivent fermer boutique et voient leurs revenus personnels et familiaux se réduire drastiquement ou disparaître purement et simplement. Dans les pays les plus développés, c’est chez les pauvres, chez les immigrés qu’il cause le plus de morts ; aux Etats-Unis en particulier, c’est chez les Afro-étasuniens et les latinos.

Le pire, c’est que la communauté internationale doit faire face à cette menace globale au moment même où la plus grande puissance militaire, économique, technologique et communicationnelle de la planète déploie une politique extérieure qui vise uniquement à attiser les conflits et les divisions, et qui mise à fond sur le chauvinisme, le suprémacisme et le racisme.

Alors que le combat mondial contre la pandémie exige de promouvoir la coopération et de stimuler l’action importante des organisations internationales, en particulier l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’administration étasunienne s’en prend au multilatéralisme et s’acharne à discréditer cette dernière organisation en refusant de reconnaître son leadership. Qui plus est, elle tente bassement de profiter de la conjoncture pour imposer sa domination et attaquer des pays dont les gouvernements n’ont pas l’heur de lui plaire.

Les preuves les plus éloquentes en sont les graves menaces militaires que la Maison-Blanche a proférées récemment contre la République bolivarienne du Venezuela et, pas plus tard qu’avant-hier, le lancement par le président étasunien de la Journée et de la Semaine panaméricaines, du 14 au 18 avril, le tout accompagné de déclarations typiquement néocoloniales et inspirées de la Doctrine Monroe contre le Venezuela, le Nicaragua et Cuba, censément pour rappeler la Première Conférence panaméricaine tenue à Washington voilà maintenant cent trente ans et que José Martí avait justement dénoncée de son vivant. Faut-il rappeler que le mois d’avril est aussi celui, en 1961, de la victoire de Playa Giron?

En veut-on un autre exemple.  Les attaques absolument immorales que l’administration Trump ne cesse d’orchestrer contre la solidarité que la Révolution cubaine offre aux gouvernements qui lui demandent son aide pour contrer le Covid-19. Au lieu de chercher à promouvoir la coopération et à mobiliser une réponse mondiale concertée, de hauts fonctionnaires du State Department passent leur temps à menacer les gouvernements qui, face au drame de cette pandémie, décident en toute souveraineté de demander l’aide de Cuba.

L’administration Trump suit une politique criminelle – et ses fonctionnaires le savent – quand elle s’efforce, en attaquant en pleine pandémie la coopération internationale de Cuba, de priver des millions de personnes du droit humain universel aux services de santé.

L’ampleur de la crise actuelle nous oblige tous à coopérer et à pratiquer la solidarité au-delà des clivages politiques. Le virus ne respecte ni frontières ni idéologies. Il menace la vie de tous, et il est donc de notre responsabilité à tous de le contrecarrer. Aucun pays ne devrait se présumer assez grand, ou assez riche, ou assez puissant pour se défendre tout seul, isolément, en méconnaissant les efforts et les besoins des autres.

Il est urgent d’offrir et de partager des informations valables et fiables.

Il faut faire sans retard les pas qui permettront en toute justice de coordonner la production et la distribution d’équipements médicaux, de moyens de protection et de médicaments. Les pays disposant de plus de ressources doivent les partager avec les pays les plus frappés et avec ceux qui sont les moins bien préparés à faire face à la pandémie.

C’est selon cette approche que travaille Cuba. Notre petite nation, sans grandes ressources naturelles et en butte à un blocus économique brutal et prolongé, tente par là d’apporter sa modeste contribution. Nous pouvons faire état de plusieurs décennies de coopération internationale en matière de santé, une coopération reconnue généreusement par l’Organisation mondiale de la santé et par les bénéficiaires.

Nous avons répondu ces dernières semaines à des demandes de coopération sans penser un instant à des coïncidences politiques ou à des avantages économiques. À ce jour vingt et une brigades de personnels de santé cubaines contribuent aux efforts nationaux et locaux de vingt pays, venant s’ajouter ainsi, à certains endroits, à celles qui existent déjà dans soixante pays et qui se sont mobilisées pour lutter contre l’épidémie.

Nous avons aussi partagé certains des médicaments que nous produisons nous-mêmes et dont notre pratique nous prouve qu’ils sont efficaces pour prévenir ou soigner la maladie. Par ailleurs, notre personnel médical a participé, depuis Cuba et par téléconférences, à des consultations et débats sur des traitements spécifiques à des patients ou à des groupes particuliers dans plusieurs pays.

Nous réalisons cet effort sans ignorer notre responsabilité de protéger la population cubaine, ce que nous faisons rigoureusement malgré les terribles limitations que nous impose le blocus économique, commercial et financier des Etats-Unis. Quiconque veut en savoir plus n’a qu’à consulter les chiffres qui sous-tendent cette affirmation, car ils sont publics. Rien qu’un zeste de décence permet de comprendre que ce blocus impose à Cuba des difficultés extraordinaires pour pouvoir garantir les intrants matériels et les équipements sous-tendant le système de santé publique, à plus forte raison dans les conditions spéciales qu’implique le combat contre cette pandémie.

Un exemple tout récent : une aide en provenance de Chine n’a pu arriver à Cuba, parce que l’entreprise de transport pressentie s’est désistée en alléguant des restrictions du blocus économique étasunien. Le comble, c’est que de hauts fonctionnaires du State Department ont eu l’impudence d’affirmer que les Etats-Unis exportaient bel et bien à Cuba des médicaments et des équipements médicaux. Sommés de donner un exemple de ces prétendues transactions commerciales, ils n’ont pu en présenter un seul!

Le blocus économique – tous les faits le prouvent éloquemment – constitue le principal obstacle au développement de Cuba, à la prospérité du pays et au bien-être des Cubains. Cette dure réalité, due uniquement à la politique d’agressivité permanente de la Maison-Blanche, ne nous empêche pourtant pas d’offrir notre aide solidaire. Nous ne la refusons à personne, et nous ne la refuserions même pas, le cas échéant, à ce pays qui nous fait tant de mal !

Cuba est convaincue que la conjoncture exige coopération et solidarité. Seul un effort international sans préjugés politiques permettant de développer et de partager la recherche scientifique et d’échanger les expériences des différents pays en matière de prévention, de protection de plus vulnérables et de pratiques de conduite sociale contribuera à raccourcir la durée de la pandémie et à réduire le rythme des pertes humaines. Cuba croit résolument que les Nations Unies et l’Organisation mondiale de la santé ont un rôle de direction absolument indispensable à jouer.

Si nous agissons de concert, nous freinerons l’expansion du virus plus vite et à moindre coût.

Restera alors la crise économique et sociale que la pandémie provoque à son passage et dont nul n’est capable de prédire l’ampleur avec certitude.

Mais on ne saurait attendre ce moment-là pour conjuguer les volontés et pour tenter de résoudre les grands problèmes et les graves menaces auxquels nous nous heurterons et pour répondre à ceux qui existaient bien avant que la pandémie ait fait sa première victime.

Si l’on ne garantit pas aux pays en développement l’accès à une technologie concentrée d’habitude dans les pays les plus industriels, spécialement dans le domaine de la santé, et si ces derniers ne sont pas disposés à partager sans restriction et sans égoïsme les avancées de la science et leurs produits, alors l’immense majorité de la population mondiale restera aussi vulnérable qu’aujourd’hui, voire plus, dans un monde toujours plus interconnecté.

Si l’on n’élimine pas les mesures économiques coercitives imposées pour des raisons politiques à des pays en développement, si l’on n’exonère pas ces derniers de leur dette extérieure écrasante et irrécouvrable, si on ne les libère pas de la tutelle impitoyable des organisations financières internationales, alors nous ne faisons pas d’illusion : le monde n’aura toujours pas la moindre capacité de réponse aux inégalités économiques et sociales qui, avec ou sans pandémie, tuent tous les ans des millions de personnes, enfants, femmes et vieux confondus.

La paix et la sécurité internationales sont assurément menacées, mais les agressions constantes contre certains pays ne font que les aggraver.

On a beaucoup de mal à croire que la fin éventuelle de la pandémie conduira à un monde plus juste, plus sûr et plus digne si la communauté internationale, représentée par les gouvernements de chaque pays, ne s’empresse pas dès aujourd’hui d’adopter et de concerter des décisions qui se sont avérées jusqu’ici obstinément évasives.

Et on aura aussi des doutes fondés que l’humanité soit mieux préparée à la prochaine pandémie.

Il est encore temps d’agir et de mobiliser la volonté de ceux qui ont charge de responsabilités. Ne laissons pas la tâche aux générations futures, il pourrait être trop tard!

La Havane, 16 avril 2020

Quelques chiffres à propos de la solidarité cubaine. Elle n'est pas un vain mot !

Cuba a honoré plus de 600 000 missions internationalistes dans 164 nations, toujours en première ligne quand il s’agissait d’aider un pays frère en nécessité et sans  jamais s’immiscer dans les affaires intérieures d’un de de ces pays.

Avec plus de 1, 7 milliards d’examens médicaux,  12, 5 millions d’opérations chirurgicales et autant de vaccinations, ce petit pays a réussi à sauver la vie à plus de 6 253 000 personnes. Rien qu’en 2018, 36 000 personnes, dont 18 000 médecins ont oeuvré dans le monde, en 2019, ils étaient 29 000 médecins dans 59 pays. 

Après l’Italie, ce sont 11 autres pays qui ont sollicité de l’aide pour le Covid-19 à Cuba : Andorre, Angola, Belize, Grenade, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Suriname, Venezuela, Togo. (Des médecins cubains sont également présents aux Antilles françaises). Ils sont 508 personnels de santé, (au 30 mars 2020), appartenant à la brigade Hubert Reeves, en ce moment, ayant laissé leurs familles à Cuba, pour venir assister des malades dans le monde entier.

Quant aux critiques  trumpistes, qualifiant  d'“esclavagisme d'état“ la coopération des médecins cubains à l'aide internationale, un peu de pudeur venant d'un État lui-même longtemps esclavagiste puis ségrégationniste et toujours et encore passablement raciste serait la bienvenue. Si l'argent ramené à Cuba par ses médecins peut aider au système de santé cubain, tant mieux !

Ce système de santé cubain est d'ailleurs mondialement reconnu pour son excellence et son efficacité. Malgré des ressources extrêmement limitées et l’impact dramatique causé par les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle, Cuba a en effet réussi à universaliser l’accès aux soins à toutes les catégories de la population et à obtenir des résultats similaires à ceux des nations les plus développées.

Cuba a basé son système de santé sur la médecine préventive et ses résultats sont exceptionnels. 

Avec un taux de mortalité infantile de 4,2 pour mille, l’île de la Caraïbe présente le meilleur indicateur du continent et du Tiers-Monde, reflétant ainsi la qualité de son système et l’impact sur le bien-être des enfants et des femmes enceintes. Le taux de mortalité infantile de Cuba est même inférieur à celui des Etats-Unis et se situe parmi les plus bas au monde.

Avec une espérance de vie de 78 ans, Cuba est l’un des meilleurs élèves du continent américain et du Tiers-monde, avec un indicateur similaire à celui des nations les plus développées. En moyenne, les Cubains vivent 30 ans de plus que leurs voisins haïtiens. En 2025, Cuba disposera de la plus grande proportion de personnes de plus de 60 ans d’Amérique latine.

Un système de santé au service des peuples du Tiers-monde, une solidarité historique

Ce n'est pas d'aujourd'hui que Cuba fait également bénéficier les populations du Tiers-monde de son expertise dans le domaine de la santé. En effet, depuis 1963, Cuba envoie des médecins et autres personnels de santé dans les pays du Tiers-Monde afin de soigner les déshérités. Actuellement, près de 30 000 collaborateurs médicaux travaillent dans plus de 60 pays de la planète.

L’exemple emblématique de cette solidarité vis-à-vis des plus démunis est l’Opération Miracle lancée en 2004 par Fidel Castro et Hugo Chávez. Cette campagne humanitaire, mise en place au niveau continental dans le cadre du projet d’intégration de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), consistait à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de cataractes et autres maladies oculaires.

En une décennie, près de 3,5 millions de personnes avaient pu retrouver la vue grâce à l’internationalisme cubain. Ce programme social, créé dans un premier temps pour le Venezuela, avait été étendu ensuite à tout le continent avec l’objectif d’opérer un total de 6 millions de personnes. En plus des opérations chirurgicales, la Mission Miracle fournit gratuitement des lunettes et des lentilles de contact aux personnes atteintes de troubles de la vue.

Au total, près de 165 institutions cubaines ont participé à l’Opération Miracle, qui disposait d’un réseau de 49 centres ophtalmologiques et de 82 blocs opératoires dans 14 pays d’Amérique latine : la Bolivie, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Grenade, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, Saint-Vincent et les Grenadines, le Venezuela et l’Uruguay.

La solidarité médicale cubaine s’étendit également à l’Afrique. En 2014, LABIOFAM, l’entreprise de production chimique et biopharmaceutique cubaine, a lancé une campagne de vaccination contre le paludisme en Afrique de l’Ouest, dans pas moins de 15 pays. Selon l’OMS, ce virus, qui affecte en majorité les enfants, coûtait la vie à pas de moins de 630 000 personnes par an, « la plupart étant des enfants âgés de moins de cinq ans vivant en Afrique ». 

De la même manière, Cuba forme de jeunes médecins du monde entier au sein de l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM). Depuis sa création en 1998, l’ELAM a diplômé plus de 20 000 médecins de plus de 123 pays. Actuellement, 11 000 jeunes en provenance de plus de 120 nations suivent une carrière de médecine au sein de l’institution cubaine. 

En faisant l’éloge de Cuba, l’Organisation mondiale de la santé souligne qu’il est possible pour un pays du Tiers-monde aux ressources limitées de mettre en place un système de santé performant et d’offrir à l’ensemble des populations une protection sociale digne de ce nom, s’il y a la volonté politique de placer l’être humain au centre du projet de société.

Un système de santé au service des peuples, une solidarité historique

 

Ce n'est pas d'aujourd'hui que Cuba fait également bénéficier les populations du Tiers-monde de son expertise dans le domaine de la santé. En effet, depuis 1963, Cuba envoie des médecins et autres personnels de santé dans les pays du Tiers-Monde afin de soigner les déshérités. Actuellement, près de 30 000 collaborateurs médicaux travaillent dans plus de 60 pays de la planète.

L’exemple emblématique de cette solidarité vis-à-vis des plus démunis est l’Opération Miracle lancée en 2004 par Fidel Castro et Hugo Chávez. Cette campagne humanitaire, mise en place au niveau continental dans le cadre du projet d’intégration de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), consistait à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de cataractes et autres maladies oculaires.

En une décennie, près de 3,5 millions de personnes avaient pu retrouver la vue grâce à l’internationalisme cubain. Ce programme social, créé dans un premier temps pour le Venezuela, avait été étendu ensuite à tout le continent avec l’objectif d’opérer un total de 6 millions de personnes. En plus des opérations chirurgicales, la Mission Miracle fournit gratuitement des lunettes et des lentilles de contact aux personnes atteintes de troubles de la vue.

Au total, près de 165 institutions cubaines ont participé à l’Opération Miracle, qui disposait d’un réseau de 49 centres ophtalmologiques et de 82 blocs opératoires dans 14 pays d’Amérique latine : la Bolivie, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Grenade, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, Saint-Vincent et les Grenadines, le Venezuela et l’Uruguay.

La solidarité médicale cubaine s’étendit également à l’Afrique. En 2014, LABIOFAM, l’entreprise de production chimique et biopharmaceutique cubaine, a lancé une campagne de vaccination contre le paludisme en Afrique de l’Ouest, dans pas moins de 15 pays. Selon l’OMS, ce virus, qui affecte en majorité les enfants, coûtait la vie à pas de moins de 630 000 personnes par an, « la plupart étant des enfants âgés de moins de cinq ans vivant en Afrique ». 

De la même manière, Cuba forme de jeunes médecins du monde entier au sein de l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM). Depuis sa création en 1998, l’ELAM a diplômé plus de 20 000 médecins de plus de 123 pays. Actuellement, 11 000 jeunes en provenance de plus de 120 nations suivent une carrière de médecine au sein de l’institution cubaine. 

En faisant l’éloge de Cuba, l’Organisation mondiale de la santé souligne qu’il est possible pour un pays du Tiers-monde aux ressources limitées de mettre en place un système de santé performant et d’offrir à l’ensemble des populations une protection sociale digne de ce nom, s’il y a la volonté politique de placer l’être humain au centre du projet de société.

En deux images, un bon résumé !

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