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Rue du Blogule Rouge Insoumis

Rue du Blogule Rouge Insoumis

Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le par ruedublogulerougeinsoumis

L’année 2020 aura bien sûr été sacrée annus horribilis en raison de la pandémie de Covid qui a plus ou moins impacté tous les états du monde, le plus, surtout en Europe et en Amérique, à un degré pour l’instant moindre, en Asie, en Afrique ou en Océanie.

 

Voici une sélection délibérément subjective (on aurait pu en citer d'autres) de quelques-uns des faits remarquables -hors Covid- survenus cette année dans une douzaine de pays :

Argentine :

En défaut de paiement en mai, acculé à la faillite, le pays a réussi en août à force de négociations, à restructurer sa dette qui se montait à 66 milliards de dollars. Il est à nouveau solvable.

Après l’élection d’un président de gauche en 2018, Alberto Fernandez, l’Argentine bénéficie en cette fin d’année 2020 d’une première grande avancée sociétale, avec la légalisation de l’avortement, votée par le Parlement à l’issue d’une mobilisation de masse des Argentines.

C’est une grande victoire du camp progressiste !

Enfin, l'Argentine a décidé de créer un impôt sur les grandes fortunes pour financer la lutte contre la pandémie, CQFD.

Arménie  et Azerbaïdjan :

 

Une nouvelle guerre a éclaté en  2020 au Haut-Karabakh. Aussi appelée “opération  poing d'acier“, elle a opposé la République autoproclamée du Haut-Karabagh, soutenue par l'Arménie mais non reconnue par la communauté internationale depuis sa sécession de l'Azerbaïdjan en 1991, à l'Azerbaïdjan soutenu et instrumentalisé par la Turquie d'Erdogan. 

Les combats éclatèrent le 27 septembre, chaque armée n'hésitant pas à utiliser aussi l'arsenal des armes prohibées par les conventions internationales, bombes au phosphore pour les Azerbaïdjanais, armes à sous munitions pour les Arméniens.

Après 13 jours de combat essentiellement à l'avantage des Azerbaïdjanais suppléés par l'armée turque une médiation russe permit un premier cessez-le-feu. Les hostilités reprirent cependant peu après. Le 18 octobre, grâce à une médiation du groupe de Minsk (Russie, USA, France et Biélorussie), un second cessez-le-feu fut lancé, sans succès. Un troisième cessez-le-feu humanitaire, négocié par les États-Unis, devant débuter le 26 octobre, échoua également.

Le 9 novembre, après la prise de Choucha par l'armée azerbaïdjanaise, le Premier Ministre arménien, Nikol Pachinian, finit par signer, sous l'égide de la Russie, un accord de fin des hostilités qui entrerait en vigueur le 10 novembre et fut qualifié de “capitulation“ par le Président azerbaïdjanais, Ilham Aliev.

Des milliers d'Arméniens durent quitter leur foyer et fuir le Haut-Karabagh. De nombreux habitants incendièrent eux-mêmes leur maison pour ne pas qu'elle soit occupée par des Azerbaïdjanais.

L'Azerbaïdjan reprit possession du district d'Agdam, puis le 25 novembre de celui de Kelbadjaret et le 1er décembre du district de Latchine conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Les pertes militaires sont incertaines du fait des enjeux de propagande et de communication de guerre.

Les autorités du Haut-Karabagh annoncent que leurs pertes sont d'au moins 710 morts auxquels il faut ajouter 36 civils. L'Azerbaïdjan refuse de divulguer ses pertes militaires. Il ne fait état le 27 septembre que de la destruction d'un hélicoptère dont l'équipage aurait survécu au crash.

L'Arménie revendique pour sa part la mort d'environ 3 000 militaires azerbaïdjanais à la date du 28 septembre. Du côté des civils, l'Azerbaïdjan donne un bilan de 60 morts et 270 blessés au 19 octobre.

Mais le 22 octobre, le Président russe Vladimir Poutine affirmait que les combats avaient fait près de 5 000 morts ! Certains parlent de 6 000.

L'Azerbaïdjan est accusé par l'ONG Man Rights Watch de maltraiter ses prisonniers de guerre. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des soldats gifler, donner des coups de pied et humilier des détenus arméniens. Plusieurs d'entre eux ont été contraints d'embrasser le drapeau azerbaïdjanais et de louer le Président llham Aliev.

En Arménie, des manifestations réclament désormais la démission du Premier Ministre accusé d'avoir lâchement capitulé.

Selon l'accord signé, l'Azerbaïdjan conserve les territoires conquis, y compris Choucha et à terme récupérera la totalité des 7 districts entourant le Haut-Karabagh d'où les forces arméniennes devront se retirer complètement.

Les Arméniens gardent un droit de passage au niveau du coridor de Latchin et doivent mettre en place en Arménie un corridor entre l'Azerbaïdjan et le Nakhitchevan.

L'accord prévoit également le déploiement de forces de paix russes dans la région pour 5 ans renouvelables et la création d'un centre d'observation russo-turc afin de contrôler le cessez-le-feu.

Le statut du Haut-Karabagh reste néanmoins à déterminer.

Chronique internationale de l’année 2020,  vue par la lorgnette de Rue du blogule rouge insoumis

Carte de la République du Haut-Karabakh (NKR) et des territoires adjacents.

La zone, entourée de frontières rouges, correspond au territoire contrôlé de facto par le NKR de 1994 à 2020. Les zones jaunes correspondent à la région autonome du Haut-Karabakh (NKAO) de l'ère soviétique, tandis que les zones avec la bande jaune sont contrôlées par l'Azerbaïdjan mais revendiquées part la NKR. Les bandes vertes correspondent aux territoires situés en dehors de l'ancienne NKAO, qui étaient de facto détenus par le NKR après la fin de la guerre au Haut-Karabakh en 1994.

Bolivie :

 

L’élection de Luis Arce, candidat du MAS (Mouvement vers le socialisme) d’Evo Morales, avec 55% des suffrages, assure le triomphe pacifique du peuple bolivien.

Ce résultat contredit formellement les accusations de fraude électorale proférées par l’extrême droite bolivienne, par les USA de Trump et par ses valets européens (dont la France de Macron) lors de l’élection précédente de Morales.

Il criminalise rétrospectivement de facto la prise de pouvoir d’Anez comme présidente autoproclamée après le coup d’état mené par l’extrême droite et financé par la CIA.

Arce a promis de relancer dès 2021 le processus de construction d’une Bolivie socialiste.

Brésil : 

Les Brésiliens, qui avaient élu en 2018 un président se réclamant du social-libéralisme, l’ont vu rapidement évoluer en libéral-conservateur, et toujours nationaliste, fondamentaliste évangéliste, admirateur de Trump, pro-israélien, grand pourfendeur de Chavez, Morales et Castro, adepte du déni concernant le réchauffement climatique, adepte de la théorie du complot concernant le Coronavirus et niant la réalité de la pandémie de Covid (malgré un peu moins de 200 000 morts dans le pays).

C’est lors de la gestion de cette dernière qu’il révélera d’ailleurs toute son incompétence, au point que cette année, ses ministres démissionnent, il perd les élections locales et l’Armée devient son principal et presque unique soutien (avec peut-être quelques occidentaux désireux de se faire bien voir du grand frère états-unien, tel Macron et Le Drian pour la France).

Chili :

Après une mobilisation puissante et des manifestations géantes, le peuple chilien impose par son vote une nouvelle constitution qui remplacera celle de Pinochet.

Elle sera proposée à la ratification populaire par des Constituants élus indépendants des partis et excluant les élus actuels.

El pueblo unido jamas sera vencido !

Chine :

Théâtre de l’apparition du coronavirus qui allait déclencher la pandémie mondiale de Covid 19, la Chine peut se prévaloir de statistiques remarquables quant à la lutte contre l’épidémie, même si ces chiffres sont contestés (par habitude ?) par les médias de l’Occident. Moins de 4640 morts et donc 3 morts par million d’habitants, cela place le pays dans une situation enviable, tant au plan sanitaire qu’au plan économique.

Car la Chine, contrairement à d’autres états, a continué à produire ou a recommencé rapidement à le faire. C’est toujours l’atelier du monde et la deuxième puissance mondiale est en passe de devenir la première !

Les droits de l’homme suivent-ils cette évolution ?

Le traitement des manifestants à Hong-Kong tendrait à prouver le contraire mais attention aux instrumentalisations des manifestations par les médias.

La situation des Ouighours, ce peuple du Xinjiang (ancien Turkestan oriental) fait lui aussi question.

Les gouvernements occidentaux et les médias dépeignent  la Chine comme un violeur des droits de l'homme au même titre que l'Allemagne nazie. D'après eux, des millions de Ouighours sont emprisonnés et transformés en esclaves dans des camps de rééducation et de production, les femmes stérilisées de force, etc.

En l'absence de preuves tangibles, on ne peut s'empêcher de constater que ces lourdes accusations, qui émanent au départ de fondamentalistes religieux américains adeptes du double holocauste (un perpétré par les Nazis, l'autre par les Communistes), relayés par des indépendantistes turkmènes liés à Al Quaida et par la suite par l'ensemble des médias occidentales, interviennent alors qu'a été pris un virage anti-chinois prononcé de la politique étrangère états-unienne.

Même si on a le droit et même le devoir d'avoir un oeil critique sur les droits de l'homme en Chine, on peut douter de ces accusations qui ne recoupent guère les préoccupations du gouvernement chinois dans le reste du pays.

 

Cuba :

Le régime socialiste de la grande île des Caraïbes a réussi à juguler la pandémie de Covid sur son sol (moins de 140 morts soit 13 par million d’habitants).

Malgré l’intensification du blocus états-unien, Cuba a réussi à produire ses propres médicaments anti-Covid et à participer à la création et à la production de vaccins avec Russes et Chinois. Les brigades Hubert Reeves se sont déployées dans le monde entier pour apporter leur solidarité et leurs compétences médicales.

Par ailleurs, Cuba se prépare à une réforme économique importante avec le retour à une monnaie unique prévue pour janvier 2021.

Cùba hasta la victoria, siempre !

États-Unis d’Amérique :

La pandémie de Covid a fait des ravages avec 20 millions de cas, 250 000 morts (soit 1045 par million d’habitants).

Trump est battu aux élections présidentielles dans un pays de plus en plus radicalement divisé, où l’extrême droite blanche et suprémaciste s’est nazifiée sous l’influence du président-clown. Mais l’assassinat par un policier de Georges Floyd a relancé le mouvement “Black lives matter“ créé en 2013 et beaucoup prennent désormais conscience du racisme qui gangrène la société en général et la police en particulier.

Côté Démocrates, on a assuré l’élection d’un vieux routier de la politique, Joe Biden.

Bien qu’il soit un clône des libéraux conservateurs, sa politique intérieure sera peut-être plus influencée par l’aile gauche de son parti, qui, en particulier grâce à Bernie Sanders et au “squad“ (Alexandria Ocasio-Cortez, Ilha Omar, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib), a réhabilité, au pays du capitalisme triomphant, le mot “socialisme“, lequel n’est désormais plus tabou !

La politique extérieure de l’oncle Sam, elle, a peu de chances de changer fondamentalement même si elle peut devenir plus poliment diplomatique. Elle restera sous la coupe du complexe militaro-industriel et au service de l’oligarchie des milliardaires qui voudra toujours imposer ses intérêts au monde entier.

Inde :

Un événement considérable s’est produit en Inde et il est toujours en cours.

Depuis la fin du mois de novembre 2020 plus de 200 millions de paysans et ouvriers sont en grève.

Ce sont les syndicats indiens qui ont appelé les travailleurs à se mobiliser contre les réformes entreprises par le premier ministre Naredra Modi et son gouvernement d’extrême droite. Ces réformes visent notamment à libéraliser le secteur agricole.

La mobilisation populaire a commencé le 26 novembre 2020. Pas moins de 250 millions de personnes sont mobilisées malgré la force de la répression. Cela fait 3,2% de la population mondiale qui est donc actuellement en grève.

 

Mali :

Une révolution citoyenne rejointe par une junte militaire (qui a, comme d'habitude au nom de l'efficacité de la gouvernance, semble-t-il récupéré pour elle-même le pouvoir) a renversé le président constitutionnel, Ibrahim Boubacar Keïta, accusé par la rue de corruption et par les militaires de molesse.

C’est désormais l'ancien ministre de la Défense Bah Ndaw qui préside le Mali par intérim. 

L’année s’est par ailleurs bien mal terminée pour un des chefs de l’opposition, Soumaïla Cissé, d’abord kidnappé par des djihadistes, puis libéré, mais mort en France où il était soigné pour la Covid.

La force Barkhane, déployée par les Français depuis 7 ans déjà, continue de perdre des hommes au combat, sans pour autant qu’on puisse percevoir la fin du conflit. À quand un vrai débat parlementaire sur l’utilité de sa présence au Sahel ?

Maroc et Sahara occidental :

Reprise du conflit armé contre le Front Polisario pour la domination du Sahara Occidental.

Un des derniers coups de Donald Trump, quelques semaines avant de céder la présidence à son successeur à la Maison-Blanche aura été de reconnaître la souveraineté de Rabat sur le Sahara occidental. Les États-Unis pensent signer ainsi l’arrêt de mort du Front Polisario qui  représente militairement et diplomatiquement depuis plusieurs décennies le mouvement pour l’indépendance sahraoui. Du coup, le Maroc reprend ses ambitions de domination malgré les résolutions de l'ONU, le Front Polisario ne renonce pas au combat et ... des centaines de camions sont bloqués en plein désert. 

Les représentants du Front Polisario s’accrochent, eux, pour l’instant, à l'espoir que  Washington , sous l’impulsion de la nouvelle administration menée par Joe Biden, pourrait revenir sur la décision de reconnaître la souveraineté marocaine, considérée comme contraire au droit international. ​​​​​​

Les États-Unis feront-ils marche arrière ? Rien n'est moins sûr.  D’autant que le candidat démocrate a fait campagne sur son intention de « garder un engagement limité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ».​​​​​​

Royaume-Uni :​​​​​​

La sortie de l’Union européenne, le fameux “Brexit“, aurait dû être le principal événement de l’année au Royaume Uni.

Un accord avec l’UE a d’ailleurs bien été conclu in extremis dans les derniers jours de l’année, mais l’irruption de la pandémie de Covid a perturbé considérablement l’année. Pas seulement parce que le Premier Ministre, Boris Johnson a lui-même été hospitalisé quelques temps à cause de la maladie, mais le RU a été l’un des pays les plus touchés. Il a connu presque 2 400 000 cas, 72 000 morts (soit plus de 1050 par million d’habitants).

Vénézuela :

Malgré l’Occident, qui a fomenté contre lui de multiples campagnes de presse et des tentatives d’assassinat ou de renversement en particulier cette année par des mercenaires états-uniens armés venus par la mer depuis la Colombie, le Président Nicolas Maduro est toujours là.

Guaido, le Président autoproclamé soutenu par les Occidentaux a même été lâché par une grande partie des opposants de droite au régime chaviste et n’est même plus député.

Le pays est soumis néanmoins à un blocus états-unien sévère et peine à redémarrer une économie exsangue.

Confronté au Covid il a cependant obtenu des résultats remarquables qui le démarquent de ses voisins (seulement 36 morts par million d’habitants).

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