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Rue du Blogule Rouge Insoumis

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Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le par ruedublogulerougeinsoumis
Putch manqué aux USA, Le Pen et Macron ciblent ... Mélenchon ! l'analyse de Pierre Joigneaux pour la France insoumisePutch manqué aux USA, Le Pen et Macron ciblent ... Mélenchon ! l'analyse de Pierre Joigneaux pour la France insoumise
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ATTAQUE DU CAPITOLE : COMMENT LES MACRONISTES PROTÈGENT L’EXTRÊME-DROITE

 

Les États-Unis ont subi ce mercredi 6 janvier 2021 une tentative de coup d’État, rappelant la menace que fait peser l’extrême droite sur nos démocraties.

En France, Emmanuel Macron se refuse à cibler l’extrême droite, Marine le Pen étant son meilleur ennemi pour se faire réélire en 2022. Un jeu terriblement dangereux.

 

Tentative de coup d’État aux États-Unis: la sidération.

 

Ce mercredi 6 janvier 2021, sur les coups de 14h30 aux États-Unis, 20h30 en France métropolitaine, l’information est tombée : prise d’assaut en cours du Capitole américain par des dizaines de milliers de manifestants pro-Trump. Le siège du Congrès, du pouvoir législatif de la première puissance du monde, situé en plein cœur de Washington, envahi par des manifestants. Les images de la foule escaladant et pénétrant le bâtiment ont rapidement fait le tour du monde, provoquant une déflagration mondiale sur les réseaux sociaux.

Quelques minutes plus tôt Donald Trump tenait à quelques lieues de là un meeting sobrement intitulé « Save America Rally », la manifestation pour sauver l’Amérique.

Le président américain sortant a refusé une nouvelle fois sa défaite et appelé ses supporters à marcher sur le Capitole. Les manifestants pro-Trump, chauffés à blanc, s’exécutent et affluent par dizaines de milliers sur les pelouses du Capitole.

 

Fait incroyable pour la première puissance de la planète, la police fédérale, en charge de la sécurité du bâtiment, se montre incapable de contenir la foule. Des manifestants escaladent le bâtiment, enfoncent la porte de la rotonde, et pénètrent dans le Capitole. À l’intérieur, les parlementaires sont en train de voter l’investiture du nouveau Président américain, Joe Biden. Ils sont mis à l’abri. Les manifestants atteignent les étages du bâtiment. Le monde entier a les yeux braqués sur Washington, suivant en direct la situation à l’intérieur du Capitole.

 

« Notre démocratie (il faut bien le croire !) est victime d’une agression sans précédent » déclare Joe Biden, demandant à Donald Trump d’appeler ses partisans à arrêter le siège du Capitole, ce que finira par faire le milliardaire américain, tout en continuant à nier les résultats, ce qui lui vaudra une suspension de l’ensemble de ses réseaux sociaux. Un président des États-Unis encore en exercice suspendu par Twitter, Facebook et Instagram, un scenario encore inimaginable il y a peu.

 

Alexandria Ocasio-Cortez, l’étoile montante de la gauche américaine, appelle à la destitution de Donald Trump.

 

Les images d’une femme touchée par balle à la gorge et évacuée sur une civière font le tour des réseaux sociaux.

Près de 4 heures plus tard, après l’envoi des unités du SWAT du FBI lourdement armées, la situation redevient sous contrôle. Bilan : 4 morts.

 

Le vice-président républicain Mike Pence certifie le vote de 306 grands électeurs en faveur de Joe Biden contre 232 pour Donald Trump. Les États-Unis d’Amérique viennent de vivre la première tentative de coup d’État de leur histoire.

 

Le malaise de Marine le Pen :

Que retenir de cette incroyable attaque du Capitole ? Tout d’abord, qu’il s’agit bien d’une tentative de putsch. Des partisans d’un président déchu tentant d’empêcher l’élection d’un nouveau président démocratiquement élu, en pénétrant au sein du Parlement au moment du vote d’investiture.

 

Ensuite, l’identité de ses auteurs : des militants d’extrême droite. Les liens entre les partisans de Donald Trump et les groupuscules néo-fascistes et suprématistes blancs américains, ne sont plus à démontrer.

 

Une piqûre de rappel pour ceux qui l’auraient oublié de notre côté de l’Atlantique : c’est bien l’extrême-droite qui menace la démocratie. Le 29 octobre dernier, l’Action Française déployait une banderole à quelques mètres de l’Assemblée nationale en plein cœur de Paris : « Décapitons la République ». "L’insoumission" a alors sorti un article sur ces groupuscules d’extrême-droite entretenant des liens étroits avec le Rassemblement national qui menacent la République.

 

La Présidente du Rassemblement national a d’ailleurs mis beaucoup de temps à réagir à l’attaque du Capitole. Rien d’étonnant quand on sait que Marine le Pen refusait de reconnaître jusqu’à ce jeudi 7 janvier la victoire du candidat démocrate. Soutien de longue date de Donald Trump, la Présidente du Rassemblement national avait affirmé « n’absolument pas reconnaître» la victoire de Joe Biden, reprenant des arguments du camp Trump. De leur côté, les chefs de fils de la République en Marche ont préféré attaquer… Jean-Luc Mélenchon.

Les macronistes avaient une idée en tête suite à l’attaque du Capitole : faire un parallèle Trump = Mélenchon. Très grosse ficelle. Problème, le leader des insoumis a été parmi les premiers à réagir hier soir, apportant son soutien sans faille aux parlementaires américains en train de résister à la tentative de putsch. Pendant ce temps-là, silence radio du côté de Marine le Pen et d’Emmanuel Macron.

Le Président de la France insoumise à l’Assemblée nationale a publié dans la soirée une note de blog en soutien aux parlementaires américains, s’indignant de la lenteur de la réaction de Marine le Pen et d’Emmanuel Macron : « L’OTAN, Londres et Berlin ont immédiatement condamné les putschistes. Où est passée la France ? ».

 

La dangereuse stratégie de Macron pour 2022 : se faire élire face à l’extrême-droite :

Alors qu’une tentative de putsch de l’extrême-droite était en cours aux États-Unis, Stanislas Guerini, le délégué général d’En Marche, choisissait de porter ses coups contre Jean-Luc Mélenchon, accusant le leader des insoumis de ne pas être un défenseur de la démocratie. Cocasse quand on se rappelle de la chaleur de la rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump. Mais pas surprenant pour des marcheurs préférant depuis des semaines cibler les « islamo-gauchistes » plutôt que de combattre l’extrême droite. Et l’irresponsabilité des macronistes se comprend facilement.

 

La stratégie de la République en marche est à peine dissimulée : protéger Marine le Pen, mettre à l’agenda politique ses thématiques de prédilection, pour se faire élire ensuite face à elle. La recette n’est pas nouvelle : faire monter l’extrême droite pour ensuite se poser en rempart au second tour. Les sondages de la présidentielle de 2017 valident cette stratégie du Président de la République : Emmanuel Macron était largement en tête au second tour contre Marine le Pen. Le seul candidat contre lequel les sondages prévoyaient un résultat extrêmement serré s’appelle Jean-Luc Mélenchon. C’est le seul en position de sortir du duo Macron – Le Pen, le système et son assurance vie.

 

On comprend mieux pourquoi, tout au long de son discours en réaction à l’attaque du Capitole, le chef de l’État n’a pas prononcé une seule fois le mot « extrême-droite ». Emmanuel Macron a refusé de nommer les responsables de l’attaque du Parlement américain, préférant parler d’une « poignée d’individus violents ». De la même façon, le Président se refuse toujours à la dissolution des groupuscules d’extrême-droite dans notre pays. Peu importe que Génération Identitaire saccage une soupe populaire, s’autorise à patrouiller à une de nos frontières ou déploie une banderole haineuse place de la République lors d’un rassemblement antiraciste.

 

La clémence avec l’extrême droite, la meute contre Jean-Luc Mélenchon.

 

Le système joue un jeu terriblement dangereux. Faire grimper l’extrême-droite n’a jamais été une bonne idée. Les pages les plus sombres de notre histoire en témoignent. L’attaque du Capitole est venue le rappeler à ceux qui l’auraient oublié : l’extrême-droite menace nos démocraties.

 

Par Pierre Joigneaux.

 

 

Discours de Macron devant le drapeau US ! Jupiter se prend-il pour le Président des USA ?

 

PHOTOS AFP
Stephanie Grisham, Lindsey Graham et Kelly Loeffler (de gauche à droite) font partie des responsables républicains qui ont tourné le dos à Donald Trump après les violences survenues au Capitole, à Washington D.C.

Les rats commencent à quitter le navire !

Il aura fallu plus de quatre ans pour qu’une énième goutte fasse enfin déborder le vase. Depuis ce mercredi 6 janvier et les scènes ahurissantes de l’envahissement du Capitole par des militants pro-Trump, de plus en plus de leaders du parti républicain tournent le dos au président sortant (et officiellement vaincu depuis ce jeudi). 

“Trop, c’est trop”, a résumé Lindsey Graham, puissant sénateur républicain et désormais ex-soutien passionné du milliardaire. “Trump et moi, nous avons fait un sacré bout de chemin ensemble, et je déteste que cela se termine ainsi. Mais ne comptez plus sur moi”, a-t-il déclaré, alors que les parlementaires américains participaient au processus de certification de l’élection de Joe Biden. 

La ministre américaine des Transports Elaine Chao a également annoncé ce jeudi sa démission “Notre pays a vécu un événement traumatisant, totalement évitable (...) qui m’a tellement troublée que je ne peux pas l’ignorer”, a justifié  l’épouse du chef des sénateurs républicains Mitch McConnell. Elle est le premier membre du cabinet de Donald Trump à annoncer sa démission depuis les violences du Capitole. 

Comme elle, de nombreux élus républicains qui avaient clamé leur intention de freiner et si possible d’empêcher le processus de certification en contestant les résultats de plusieurs États-clés lors de la présidentielle ont fait marche arrière.

Mais tous n’ont pas fait ce choix-là, puisqu’ils étaient encore 138 à la reprise des débats à soutenir les motions de contestation des résultats. 

Du côté de l’exécutif, de nombreux responsables ont également pris la décision de rompre avec le camp Trump. 

On compte parmi eux: la directrice de cabinet de Melania Trump et ancienne communicante du président Stephanie Grisham ; l’adjointe à la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Matthews, une secrétaire de cette même équipe, le numéro 2 de la sécurité nationale, la responsable des affaires sociales de la présidence Anna Cristina Niceta... Et cette liste pourrait encore s’allonger dans les heures qui viennent, selon nos confrères américains.

“Ayant travaillé dans les couloirs du Congrès, j’ai été extrêmement perturbée par ce que j’ai vu aujourd’hui”, a par exemple justifié Sarah Matthews. “Je vais quitter mon poste, et ce avec prise d’effet immédiat. Notre pays a besoin d’une transition pacifique.”  

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