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Rue du Blogule Rouge Insoumis

Rue du Blogule Rouge Insoumis

Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le par ruedublogulerougeinsoumis
Pourquoi la 5 G pose-t-elle problème ?

La 5G est la cinquième génération des standards pour la téléphonie mobile. Comme sa numérotation l'indique, elle succède à la quatrième génération, appelée 4G.

Son implantation en France est-elle souhaitable ?

Oui, répondent les uns, car on ne veut pas vivre à l'âge de pierre.

Non, prétendent les autres : elle est dangereuse et sera un frein supplémentaire à la transition écologique rendue indispensable par le changement climatique.

Elle constitue un progrès technologique indispensable, affirment les uns. “Après, si on remets (sic) les cabines téléphoniques, le courrier, radiocomm2000 (?) et le garde-champêtre, on peut s'en passer“ ironisent certains, collant en cela au niveau macronien de la comparaison avec les Amishs !

Ne pose-t-elle pas en tous cas la question de l'utilité sociale des progrès technologiques, interrogent les autres. Et cela ne mérite-t-il pas qu'on y prête attention et peut-être qu'on prenne le temps d'y réfléchir ?

Éléments de langage de la promotion publicitaire de la 5G

Les promoteurs de la 5G lui attribuent des intérêts majeurs :

  1. Soulager les réseaux de télécommunication mobile qui vont, disent-ils,  arriver à saturation et ainsi éviter un phénomène d'engorgement des données.
  2. Permettre aux entreprises d'optimiser certains processus, à travers l'automatisation et la fluidification de tâches.
  3. Permettre le développement de nouvelles applications s'appuyant sur de nouvelles performances
  4. Accélérer considérablement le temps de chargement et l'envoi des données. (multiplié par 100)

Certains insistent aussi sur l'existence d'un gisement d'applications dans des domaines comme la santé (diagnostic automatique ou distant, chirurgie et médication commandées à distance), le télé-travail, le déploiement d'objets communicants (dont les véhicules sans conducteur), les détecteurs et senseurs du commerce en ligne, les réseaux électriques intelligents, l'intelligence artificielle, la sécurité (télésurveillance, gestion des flux de personnes, biens et services en temps réel, etc.), l'Éducation et l'accès à l'information.

Plus de 80 milliards d'objets pourraient ainsi être connectés en 2024 !

Une fois déployée, la 5G permettra des débits de télécommunication mobile de plusieurs gigabits, de données par seconde, soit jusqu'à 1000 fois plus que les réseaux mobiles employés en 2010 et jusqyu'à 100 fois plus rapide que la 4G initiale.

Donc, toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus fort !

Vendre et maintenir les bénéfices

Voilà pour les avantages supposés que nous font miroiter les lobbies de la télécommunication.

Pourquoi ?

Sans tomber dans aucun conspirationnisme fumeux, on peut raisonnablement mettre en doute que la seule volonté des multinationales (on parle ici d'Apple, Huawei, Nokia, Orange, Vodafone, etc.) soit d'oeuvrer au bien général, de rendre un service public dans l'intérêt commun de l'humanité et au contraire soupçonner dans leur comportement des motifs plus prosaïquement conformes à l'objectif recherché par toute entreprise privée : Faire du fric.

On peut donc penser que leur principale motivation est de vendre encore plus de mobiles.

En effet, la 5G vise à supporter jusqu'à un million de mobiles au kilomètre carré (dix fois plus que la 4G).

Si, en janvier 2020, on comptait 5,19 milliards d'utilisateurs de mobiles dans le monde (67% de la population) et que ce nombre avait augmenté d 2,4% en un an et alors que 73% de ces mobiles étaient des smartphones, le marché des smartphones haut de gamme (celui qui rapporte le mieux) stagnait à cause de caractéristiques très similaires sur les modèles les plus vendus, stagnation accentuée notamment par la pandémie de coronavirus. Les premiers et deuxièmes trimestres 2020 virent une chute de 15% du nombre d'unités vendues.

Tous les mobiles se sont standardisés du fait que le niveau de puissance atteint ne représente plus vraiment un atout majeur pour téléphoner. La différenciation du mobile se joue plutôt sur le service ou la qualité du fournisseur-opérateur de la ligne ; notamment avec la télévision et les chaînes proposées, puis le taux de débit et sa quantité de Go en réception de l'abonnement.

Au contraire, les marques de smartphones tactiles d'entrée de gamme ou non connaissent une croissance importante, notamment en Chine ou en Afrique.

Un coup d'oeil sur le chiffre d'affaire d'Apple est éloquent. Il a atteint 59,7 milliards de dollars au troisième trimestre de son exercice fiscal 2020, en hausse de 11% par rapport au troisième trimestre 2019 et le bénéfice par action (BPA) a progressé de 18% pour s'établir à 2,58 dollars. Les ventes à l'International ont représenté 60% du chiffre d'affaire trimestriel. Il ne faudrait pas que les smartphones baissent encore leur part dans ce pactole !

Il en faut donc encore plus ! Alors, vite, la 5G !

Rappelons que les smartphones ont un lourd bilan environnemental

Le bilan environnemental des smartphones est particulièrement lourd : pour les fabriquer, on utilise plus de 45 métaux rares (dans les cartes électroniques). Ils produisent des déchets dangereux et provoquent une forte demande en énergie (à la production et durant l'utilisation). Leur empreinte environnementale est ainsi supérieure à celle de leurs prédécesseurs.

Les écrans tactiles des smartphones nécessitent, pour leur fabrication, de l'indium qui est un métal rare, produit presque à 70% par la Chine (alors merci l'indépendance et la proximité des approvisionnements). L'écran est le principal consommateur d'énergie d'un smartphone, d'où une augmentation nécessaire de la réserve d'énergie avec l'augmentation des dimensions et de la résolution de l'écran.

La consommation d'énergie du processeur est fortement influencée par l'utilisation et la fréquence de la CPU (du processeur). Par exemple, le processeur n'est pas sollicité lors de la recherche de nouveaux réseaux Wi-Fi, en revanche, il est largement utilisé par des jeux.

Toutefois, la majeure partie de l'électricité consommée par l'utilisation d'un smartphone n'est pas celle du processeur lui-même, mais celle qui fait fonctionner les serveurs à distance dans d'immenses centres de données lorsqu'on l'utilise sur le réseau Internet. En effet, selon une étude publiée par Univers Nature, le coût des recharges ne représente que quelques dizains de centimes par an, alors que son utilisation (courriel, vidéo, GPS, téléchargement de musique et films, etc.) génère une consommation électrique globale supérieure à celle d'un réfrigérateur (361 kWh par an en moyenne, contre 322 kWh).

Les accumulateurs nickel-cadmium et nickel-hydrure étaient les principales batteries utilisées dans les smartphones, avant d'être progressivement remplacées dans les années 1990 par celles à lithium-ion, beaucoup plus légères, mais plus coûteuses et dont l'autonomie à tendance à baisser face à l'augmentation de la consommation énergétique d'un smartphone. (Si la Bolivie détient les plus importantes réserves mondiales de lithium, le principal producteur en est aujourd'hui, de très loin, la Chine. (Bonjour l'indépendance et la proximité des approvisionnements).

Pourquoi la 5 G pose-t-elle problème ?

Les principaux griefs environnementaux faits aux smartphones

Ce sont principalement :

  1. L'épuisement des ressources
  2. Les atteintes à la biodiversité dues aux rejets toxiques dans l'environnement
  3. L'émission de gaz à effet de serre

Leur empreinte environnementale est principalement liée à l'extraction des minerais, tel que le coltan, qui permettent la fabrication de nombreux composants de ces téléphones. L'exploitation des mines conduit notamment à la destruction d'écosystèmes et à de multiples pollutions de l'eau, de l'air et des sols, sans oublier l'impact social et sanitaire sur les populations concernées.

Le coltan est extrait notamment en République démocratique du Congo, dans la région de Kivu, qui détient entre 60 à 80% des réserves mondiales, ainsi qu'en Australie, au Brésil, au Canada, en Espagne, dans la région de l'Orénoque au Vénézuela et en Chine. (Bonjour l'indépendance et la proximité des approvisionnements).

Les propriétés de propagation de la 5G dans la bande des 3,5 GHz sont telles que, pour arriver à un taux de couverture et de services équivalents à la 4G, il faudra fortement densifier les réseaux. En zone rurale, il faudra tripler le nombre des pylônes en 5G à 3,5 GHz pour obtenir une couverture équivalente à celle de la 4G. Cette densification n'était pas nécessaire pour la bande des 700 MHz. Quelque chose me dit que le territoire n'est pas tout de suite couvert et que nous allons vers un déploiement à plusieurs vitesses !

En France, la technologie 5G ne nécessitera toutefois pas d'envoyer de nouveaux satellites dans l'espace !

Le rapport du Haut Conseil pour le climat, de décembre 2020, en France, pointe l'augmentation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à la 5G. Cette augmentation résultera notamment du renouvellement des téléphones mobiles, qui représente 54% de l'impact carbone de la 5G d'après le rapport. La construction des nouvelles infrastructures, les antennes et les centres de données comptent respectivement pour 14% et 8% du total. Les émissions liées au déploiement de la 5G seront majoritairement situées à l'étranger et donc comptabilisées comme émissions de CO2 importées. 

Le Haut Conseil déplore en outre que l'ARCEP n'ait pas parmi ses missions la question climatique et qu'il n'y ait pas eu d'étude d'impact avant l'attribution des fréquences.

Il recommande aussi de s'assurer que l'augmentation de la consommation d'électricité causée par le déploiement de la 5G, estimée entre 16 et 40 TWh en 2030, soit 3 à 8% de toute l'électricité consommée en France en 2019, n'affecte pas la programmation pluriannuelle de l'énergie. Une augmentation des usages au niveau européen pourrait par ailleurs, avoir des effets sur le prix de l'électricité et la justice sociale.

 

Les propriétés de propagation de la 5G dans la bande des 3,5 GHz sont telles que, pour arriver à un taux de couverture et de services équivalents à la 4G, il faudra fortement densifier les réseaux. En zone rurale, il faudra tripler le nombre des pylônes en 5G à 3,5 GHz pour obtenir une couverture équivalente à celle de la 4G. Cette densification n'était pas nécessaire pour la bande des 700 MHz. Quelque chose me dit que le territoire n'est pas tout de suite couvert et que nous allons vers un déploiement à plusieurs vitesses !

En France, la technologie 5G ne nécessitera toutefois pas d'envoyer de nouveaux satellites dans l'espace !

Le rapport du Haut Conseil pour le climat, de décembre 2020, en France, pointe l'augmentation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à la 5G. Cette augmentation résultera notamment du renouvellement des téléphones mobiles, qui représente 54% de l'impact carbone de la 5G d'après le rapport. La construction des nouvelles infrastructures, les antennes et les centres de données comptent respectivement pour 14% et 8% du total. Les émissions liées au déploiement de la 5G seront majoritairement situées à l'étranger et donc comptabilisées comme émissions de CO2 importées. 

Le Haut Conseil déplore en outre que l'ARCEP n'ait pas parmi ses missions la question climatique et qu'il n'y ait pas eu d'étude d'impact avant l'attribution des fréquences.

Il recommande aussi de s'assurer que l'augmentation de la consommation d'électricité causée par le déploiement de la 5G, estimée entre 16 et 40 TWh en 2030, soit 3 à 8% de toute l'électricité consommée en France en 2019, n'affecte pas la programmation pluriannuelle de l'énergie. Une augmentation des usages au niveau européen pourrait par ailleurs, avoir des effets sur le prix de l'électricité et la justice sociale.

Santé : des inquiétudes

Si, en 2014, l'OMS déclarait : "à ce jour, il n'a jamais été établi que le téléphone portable puisse être à l'origine d'un effet nocif pour la santé", la course au déploiement de la 5G suscite bel et bien des craintes sanitaires, notamment car elle nécessite l'utilisation intensive d'une nouvelle gamme de longueur d'ondes avec des fréquences plus élevées et la création d'un grand nombre de nouveaux réseaux cellulaires étendus (ou WAN). Ces réseaux seront constitués de minuscules stations de base fournissant une couverture mobile haute fréquence, sur une portée de 200 à 400 m seulement. Ces stations devront être positionnées toutes les quelques centaines de mètres dans les zones urbaines densément peuplées.

À la différence de la 4G, la 5G passera aussi par un signal plus concentré, ce qui pose de nouvelles questions sanitaires.

Des prises de position venant de milieux écolos et de citoyens inquiets

Elles constituent autant d'alertes venues du milieu scientifique et relayées par les partis politiques écologistes.

En septembre 2017, par exemple, 171 scientifiques, issus de 37 pays (99 de l'UE et 72 d'ailleurs) ont réclamé un moratoire sur le déploiement de la 5G, en attendant que les risques potentiels sur la santé humaine et sur l'environnement aient été pleinement étudiés par des scientifiques indépendants (des firmes de la télécommunication).

En juillet 2018, la France Insoumise, par la voix du député Bastien Lachaud, prenait position : 

“…Mme Pannier-Runacher dans les Echos du 15 juillet a expliqué que l’objectif du gouvernement (en promouvant la 5G) est, je cite « in fine, c’est de la croissance en plus. » Une telle perspective est dangereuse, car elle n’est pas écologiquement soutenable. Nous ne voulons pas le développement à l’infini de gadgets aussi coûteux qu’inutiles, non recyclables, visant à tout connecter avec tout. Ces outils consomment des terres rares pour être fabriqués, dans des conditions d’extractions souvent condamnables. Ces objets nécessitent beaucoup d’électricité pour fonctionner, non seulement les objets dont les batteries doivent en permanence être rechargées, mais aussi les serveurs, et les antennes. La planète tout entière va être exposée aux rayonnements de radiofréquences de façon accrue, sans que nous n’ayons de véritable recul sur les conséquences que la pollution électromagnétique pourrait avoir sur le vivant. L’accroissement net des échanges de données pose en outre une sérieuse question de protection des données personnelles et protection de la vie privée. Combien vont se lancer sans crainte ni paramétrage complexe dans l’utilisation de ces nouveaux outils, avant de se rendre compte qu’ils ont aussi servi à renseigner de puissants intérêts privés sur leurs habitudes, leurs goûts, leurs préférences, et qui en tireront des profits lucratifs en vendant de la publicité. Enfin, la 5G va participer au développement de l’addiction aux écrans, mal moderne qui est censé nous relier, et en fait enferme chacun dans un monde numérique, incapable d’apprécier le monde extérieur réel. Nous nous orientons vers un modèle de société où le réfrigérateur fera lui-même la liste de courses, mais nous serons bientôt incapables de faire nous-mêmes des tâches simples, que les ordinateurs et autres objets connectés feront à notre place. Et en cas de panne, de baisse de capacité électrique, nous serons perdus. Aussi il est une bonne chose de chercher à contrôler l’installation de cette technologie, mais ce texte ne va clairement pas assez loin en se limitant à une autorisation préalable. C’est tout notre modèle de société que nous devons repenser, sinon l’urgence écologique le repensera pour nous“.

Bastien Lachaud

Bastien Lachaud

En 2018 également, une parlementaire écologiste demandait au gouvernement français de "faire réaliser des études indépendantes et approfondies concernant les effets de la 5G". Le gouvernement s'engagea alors à travailler avec l'Agence nationale des fréquences et avec l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.

En juin 2020, lors des municipales, plusieurs candidats réclamèrent un moratoire sur le déploiement de la 5G. Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire et Olivier Véran, ministre de la Santé, saisirent même le Premier Ministre à ce sujet, pour assurer qu'ils souhaitaient que la 5G ne soit pas déployée avant que l'ANSES n'ait rendu son rapport sur les conséquences sanitaires de la 5G, car en janvier 2020, cette Agence , dans un rapport préliminaire, avait expliqué que son analyse "mettait en évidence un manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels" et promettait un rapport complet pour janvier 2021.. Donc "on ne sait pas !".

Mais, dès le 14 septembre 2020, Macron, lui, savait ! Il déclara, contre la promesse engagée auprès de la Convention citoyenne pour le climat qui réclamait un moratoire, que, les Français, descendants des Lumières ne souhaitant pas vivre comme des Amishs, la 5G était immédiatement autorisée à se déployer sur le territoire français. Fin du game.

Fin du game ? Vraiment ? À moins que, un peu partout en France, des voix de gaulois réfractaires, ne s'élèvent des villages résistant encore et toujours à la bêtise, pour refuser les implantations d'antennes, réclamer un moratoire et dire son insoumission.

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