22 Août 2025
, Rédigé par ruedublogulerougeinsoumis
Voilà bientôt 15 ans, le 30 octobre 2010, Rue du Blogule rouge publiait un article intitulé “Un bateau français pour Gaza“ dans lequel était évoqué un bateau devant partir en janvier 2011 pour briser le blocus de Gaza.
Face au blocus Israélien contre la Palestine et son peuple, une soixantaine d'associations, partis politiques et syndicats français ont engagé une campagne qu'ils ont nommée : "UN BATEAU FRANCA...
C'est que déjà, trois ans auparavant, en 2007 donc, Israël, dans une volonté de punition collective du peuple palestinien, coupable à ses yeux, de s'être soulevé contre son occupation lors de la seconde Intifada et d'avoir élu le Hamas, avait décrété un blocus de la bande de Gaza.
Face à ce blocus Israélien de Gaza, une soixantaine d'associations, partis politiques et syndicats français avaient engagé une campagne qu'ils avaient nommée : "UN BATEAU FRANCAIS POUR GAZA", dans le cadre de la flottille pour la liberté II.
Ces organisations avaient décidé de s'unir “pour briser le blocus de Gaza qui était une punition collective envers la population civile en violation totale du droit international." Déjà !
Flottille pour la liberté II
Ce bateau, qui s'appelait le “Dignité al-Karama“, fut piraté (dans les eaux internationales) en 2011 par l'armée israélienne qui avait auparavant coupé les communications, toujours au mépris du droit international. Le Dignité Al Karama transportait 16 passagers, de 6 nationalités, non armés et non violents, dont Olivier Besancenot, du NPA et Nicole Kiil Nielsen eurodéputée d'EÉLV.
Le bateau Dignité Al-Karama avait été convoyé illégalement au port de Sitia, en Crète, par des gardes-côtes grecs après avoir été intercepté toujours illégalement à quai dans un port voisin au moment où il faisait le plein.
Le bateau était parti pour Gaza en laissant derrière lui les neuf autres bateaux de la flottille, qui restaient bloqués en Grèce, après une décision d'Athènes d'interdire le départ de tout bateau pour Gaza. Finalement, il fut “intercepté“ (piraté) le 19 juillet 2011 par la marine israélienne, après une escale à Alexandrie…
Flottille pour la liberté I
Un an auparavant déjà, en mai 2010, un convoi composé de six bateaux chargés de produits médicaux, matériel de construction, fournitures scolaires et abris préfabriqués, ainsi que de nombreux volontaires, s'était dirigé vers Gaza.
Cette première « flotille de la liberté » voulait elle aussi déjà « briser le siège de Gaza ».
Multi-piratages et militants tués
La marine israélienne arraisonna ces bateaux le 31 mai 2010, soit dans les eaux gazaouies soit dans les eaux internationales, dans les deux cas, illégalement, au regard du droit international et du droit de la mer :
C'étaient : le Challenger I, bateau affrété par Free Gaza, battant pavillon des USA ;
le Sfendoni, navire grec de "la campagne européenne pour mettre fin au siège de Gaza" appartenant à l'association “Un bateau pour Gaza“;
le Mavi Marmara, navire à passagers turc sous pavillon comorien, avec 581 passagers à bord (surtout des Turcs) ; c'est ce bateau sur lequel, lors de l'assaut,les commandos israéliens ouvrirent le feu et tuèrent neuf militants et journalistes, tous citoyens turcs.
Le Mavi Marmara
Le Gazze, chargé de ciment, d'acier et de tuiles, avec 13 membres d'équipage et 5 passagers ;
Le Defné Y, cargo battant pavillon de Kiribati, chargé de fer, de groupes électrogènes, de maisons préfabriquées, de terrains de jeux enfants, de matériel médical, avec 23 membres d'équipage et 7 passagers.
Pour 9 morts turcs, finalement, l'impunité, c'est pas si cher ?
Le raid de l'armée israélienne sur le Mavi Marmara déclencha une sérieuse dégradation des relations entre Israël et la Turquie laquelle exigea des « excuses » ainsi que la levée du blocus de Gaza.
Pour la première fois dans l'histoire d'Israël, un Premier ministre israélien fut obligé de s'excuser pour son attaque sur des civils.Netanyahou appela le dirigeant turc Erdoğan pour présenter ses excuses au peuple turc et donner son accord pour l'indemnisation des familles. Les conditions posées par la Turquie pour la normalisation des relations bilatérales outre les excuses israéliennes, incluait des compensations financières pour les familles des victimes et la levée du blocus sur la bande de Gaza.
En dépit des négociations entre les deux États, une cour criminelle d'Istanbul condamna, en mai 2014, quatre anciens responsables militaires israéliens impliqués dans l'assaut contre la flottille qui étaient jugés depuis 2012 par contumace. Elle demanda à Interpol d'agir en vue de leur arrestation.
Mais, le 27 juin 2016, Israël et la Turquie annoncaient la normalisation de leurs relations diplomatiques. Du coup, Israël assura l'impunité de ses dirigeants en versant 20 millions de dollars aux familles des Turcs tués lors de l'assaut t accepta que la Turquie achemine, via Loe port israélien d'Ashdod 10 000 tonnes d'assistance humanitaire pour la construction (avec des fonds turcs) d'une centrale électrique, d'une usine de dessalement et d'un hôpital à Gaza.
La Turquie s'engagea aussi à empêcher le Hamas, au pouvoir à Gaza, de mener des activités contre Israël depuis son territoire.
Pourtant, une enquête des Nations Unies permettra d'établir que, si tous les tués turcs l'ont été par coups de feu, six d'entre eux avaient été victimes d'une exécution sommaire.
Pour finir, Le 5 juin, fut arraisonné et dérouté (piraté) vers le port israélien d'Ashdod, un ancien cargo exploité par Free Gaza, le Rachel Corrie, sous pavillon cambodgien, affrété par l'organisation irlandaise.
Ce navire tirait son nom de Rachel Corrie, militante pacifiste américaine écrasée par un bulldozer israélien au cours d'une manifestation à Gaza en 2003.
Le 2 mars 2025, les restrictions dues au blocus ont été durcies par Israël, donnant lieu à un siège complet. Le 9 mars, a été coupé l’approvisionnement en électricité de la principale usine de dessalement de Gaza, ce qui a encore réduit l’accès à l’eau potable. Les bombardements ont repris le 18 mars, après un cessez-le-feu temporaire. Depuis, la famine s'installe.
Une nouvelle flottille avait été montée dès 2024 pour venir en aide aux Gazaouis assiégés, à l'aide d'au moins trois bateaux dont le Conscience, vieux navire de 68 mètres de long, rebaptisé après une précédente vie comme navire à passagers allemand sous le nom The Majestic.
Le Conscience a quitté Malte le 2 mai 2025. Attaqué par des drones à une trentaine de kilomètres des côtes maltaises, ce qui a provoqué un incendie et une importante brèche dans la coque, il avait alors été obligé de regagner le rivage.
Bien que cette attaque contre le Conscience n’ait pas été revendiquée, il ne fait aucun doute qu’elle était imputable à Israël, mais aucune enquête n’a été menée pour vérifier ces dires.
Le 1er juin 2025, 12 personnes embarquèrent sur le voilier Madleen, elles aussi en vue de briser le blocus illégal imposé par Israël à la bande de Gaza et d'apporter des vivres et du matériel médical. Les 12 personnes à bord étaient issues d'horizons allant du militantisme au journalisme, en passant par la politique. Parmi elles se trouvait Greta Thunberg, militante suédoise en faveur du climat,Greta Thunberg connue pour avoir lancé le mouvement de grève pour l'action climatique “Fridays of the future“ et Rima Hassan, euro-députée française “La France Insoumise“ et franco-palestinienne.Rima Hassan, euro-députée LFILe Madleen
Les forces navales israéliennes ont intercepté le Madleen à 3h du matin, dans les eaux internationales. En pleine nuit donc et loin des côtes, mettant en danger la sécurité des passagers du navire.
L'arraisonnement du navire, l'arrestation des personnes qui se trouvaient à bord pas plus que la confiscation de la cargaison n'avaient aucun fondement juridique. Les personnes embarquées sur le Madleen ont été expulsées d'Israël sans plus de raison judiciaire, quatre, arbitrairement choisies, tout de suite, les autres après quelques jours de prison sans justification. (Seule) la justice espagnole a ouvert une enquête pénale visant, Benyamin Netanyahu, le ministre des affaires étrangères Israel Katz et plusieurs hauts responsables militaires, pour implication présumée dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité, notamment lors de l'attaque du navire humanitaire.
Il faut aussi signaler le comportement exemplaire (mais conforme aux règles de l'usage maritime) de l'équipage du Madleen qui s''était détourné de sa route pour se diriger vers la Lybie, à l'appel d'une embarcation d'émigrés en détresse, et avait activement contribué au sauvetage en mer de quatre personnes, en attendant de les remettre à un navire de secours.
Enfin, le Handala, a été le dernier en date des bateaux de la Flottille de la liberté et dont l'objectif, comme pour ses prédécesseurs était de briser le blocus imposé par Israel à la bande de Gaza.
Le Handala
Piraté par Tsahal dans la nuit du samedi 26 juillet 2025, il ne transportait aucune arme, bien sûr, mais comme tous les bateaux de la flottille, des produits de première nécessité pour les Gazaouis. À son bord, 21 passagers dont une euro-députée LFI, Emma Fourreau, (26 ans) et une députée à l'Assemblée Nationale française, LFI elle aussi, Frédérique Cathala.
Frédérique Cathala, députée LFI du Val d'OiseEmma Fourreau, eurodéputée LFI
Nouvelle flotille
Les flotilles de la Liberté ne vont pas s'arrêter pour autant.
Si le but, "briser le blocus" n'a pas encore été atteint, le but politique "alerter l'opinion mondiale" sur le sort des Gazaouis et la monstruosité des agressions israéliennes à leur égard commence, lui, à l'être .
En tout cas, une nouvelle flottille « brigade internationale » de plusieurs dizaines de bateaux et des volontaires de 44 pays se préparent déjà à partir en Septembre de cette année !
* Première partie : départ de Barcelone le 31 août.
* Seconde partie : départ de Tunis le 4 septembre.
Parmi les participants, on retrouvera plusieurs personnalités telles que :
* L'actrice américaine Susan Sarandon
* Le militant brésilien Thiago Avila
* L'acteur suédois Gustaf Skarsgård
* La musicienne norvégienne Aurora
* L'acteur irlandais Liam Cunningham
* L'eurodéputée française Emma Fourreau
* La militante suédoise Greta Thunberg
Ces personnalités, ainsi que les autres participants, recevront tout notre soutien.