Les incendies de l'été, c'est politique ?
MAIS QUI AURAIT PU PRÉVOIR ?
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QUEL SONT LES MOYENS AÉRIENS FRANÇAIS ?
Actuellement, "La flotte française est composée de 23 avions :
12 Canadairs, capables de larguer 6 tonnes d'eau chacun à chaque rotation.
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8 Dasch 8 Q 400, capables de larguer 10 tonnes d'eau chacun.
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3 Beechcraft King Air 200, avions bimoteur de reconnaissance et de coordination des opérations qui effectuent des missions de surveillance et de transport mais ne disposent pas de capacité de largage.
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37 hélicoptères.
Ces hélicoptères interviennent surtout en phase de stabilisation et d’extinction des feux grâce à leur précision de largage, leur capacité de rotation rapide et leur flexibilité de ravitaillement.
Vingt-sept EC145, hélicoptères bimoteurs utilisés pour le secours à victimes principalement en milieu périlleux, capables d’embarquer huit personnes et possédant un treuil. Ils ont été acquis progressivement depuis 2001 . En raison de leur vieillissement, ces EC145 sont progressivement remplacés par quarante hélicoptères H145, plus modernes.
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Dix H145, qui disposent par rapport aux EC145, d'une motorisation plus puissante permettant des gains de sécurité, particulièrement utiles en zone de haute montagne, un rotor principal à cinq pales (contre quatre pour les EC145) permettant une capacité d’emport plus importante, une avionique modernisée, un système de cartographie numérique intégrée, un pilote automatique permettant le vol stationnaire particulièrement adapté en mer, et des radios numériques de nouvelle génération. Ils disposent également d’une capacité de largage de 820 litres. La flotte finale sera portée à quarante hélicoptères H145 remplaçant totalement les EC145 d’ici 2029.
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Ces hélicoptères sont positionnés sur 23 bases, dont 3 en outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique).
Néanmoins, "aucune stratégie de renouvellement de la flotte aérienne de la sécurité civile n’est clairement définie, la France ayant même refusé de se positionner sur des projets d’acquisition de certains équipements grâce à des fonds européens", notent les rapporteurs spéciaux du rapport d'information de la commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire de l'Assemblée Nationale dans un rapport du début du mois dernier (2 juillet 2025).
EN COMPLÉMENT DE CETTE FLOTTE, LA DGSCGC (DIRECTION GÉNÉRALE DE LA SÉCURITÉ CIVILE) EST PARFOIS AMENÉE À LOUER DES AÉRONEFS AFIN DE FAIRE FACE AUX FEUX DE FORÊT. SOLUTION TRÈS ONÉREUSE !
la suite dU rapport DE L'AN est édifiante :
UNE FLOTTE INADAPTÉE FACE À L’AUGMENTATION DES RISQUES SUR LE TERRITOIRE.
Le changement climatique augmente sensiblement les risques sur le territoire, que ce soit les feux de forêts qui s’intensifient et se multiplient, y compris dans des régions du nord du pays qui n’étaient traditionnellement pas concernées, ou encore des pluies extrêmes en hiver suivies d’épisodes de forte sécheresse.
Cela conduit à une sollicitation beaucoup plus importante des aéronefs de la sécurité civile, entraînant une multiplication des opérations de maintenance et donc une immobilisation des appareils.
NOMBRE D’HEURES DE VOL PAR APPAREIL SUR LES TROIS DERNIÈRES ANNÉES
|
|
2022 |
2023 |
2024 |
|
Canadairs |
3 616 |
2 555 |
2 382 |
|
Dash |
3 262 |
2 553 |
2 715 |
|
Beechcraft |
902 |
702 |
785 |
|
Hélicoptères |
14 930 |
15 453 |
13 265 |
|
TOTAL |
22 710 |
21 263 |
19 147 |
Source : DGSCGC.
Le constat est celui d’une flotte qui n’est plus adaptée aux missions qui incombent aux forces de la sécurité civile. Alors que les effets du vieillissement de la flotte sont particulièrement visibles s’agissant des avions, le renouvellement progressif des hélicoptères permet quant à lui de renforcer leur disponibilité sans pour autant résorber totalement la crise.
1. Un vieillissement notable s’agissant des avions
Les effets du vieillissement de la flotte sont notables s’agissant de la flotte d’avions de la sécurité civile.
– La situation la plus critique est celle des Canadairs, dont la moyenne d’âge est aujourd’hui de 30 ans. Leur exploitation intensive, notamment en mer(ce qui accélère leur corrosion alors que ces appareils ont été originellement conçus pour écoper en eau douce), rend nécessaire un important travail de maintien en condition opérationnelle (MCO). En découle une disponibilité des appareils très insuffisante, aucun avion n’ayant été en état de voler certains jours durant l’été 2024. Ces avions sont également confrontés à une indisponibilité des pièces détachées au niveau mondial, d’autant qu’aucun appareil n’a été construit depuis 2015 et que des incertitudes pèsent sur la capacité de relance de la production de nouveaux appareils et le respect de leur calendrier de livraison.
De manière générale, les Canadairs reposent sur une architecture initiale qui date des années 1960 et qui ne semble plus adaptée aux enjeux et difficultés actuels de la lutte contre des incendies, plus fréquents et plus intenses : leur capacité d’emport de 6 tonnes devient limitée face à l’émergence de méga feux exigeant des moyens de saturation supérieurs, ce qui impose un important rythme de rotation alors que leur vitesse de croisière reste relativement modérée.
– S’agissant des Dash, les premiers appareils de type « MR », ayant une moyenne d’âge de 20 ans, arriveront en fin de vie aux alentours des années 2035‑2040 : leur renouvellement doit donc être anticipé dès à présent, notamment au regard des délais incompressibles de passation des marchés et de construction des appareils. Selon la DGSCGC, il faudrait acheter au minimum deux appareils de cette catégorie. Contrairement aux Canadairs, les Dash n’ont pas été conçus pour lutter contre les feux de forêts, ce qui se traduit par un vieillissement prématuré. Ces appareils sont également confrontés à des problèmes de MCO, avec des difficultés de disponibilité en pièces de rechange.
– S’agissant enfin des Beechcraft, leur moyenne d’âge de 45 ans rend nécessaire le remplacement rapide de ces appareils, pour lesquels le MCO est de plus en plus complexe, avec des délais de maintenance ayant de lourdes conséquences sur leur disponibilité opérationnelle. La DGSCGC a indiqué aux rapporteurs spéciaux que l’acquisition de trois nouveaux appareils de ce type était envisagée.
MOYENNE D’ÂGE DES AVIONS DE LA SÉCURITÉ CIVILE
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Canadairs CL 415 |
30 ans |
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Dash 8 MR |
20 ans |
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Dash 8 MRBET |
Entre 2 et 6 ans |
|
Beechcraft King Air 200 |
45 ans |
Source : DGSCGC.
Ce vieillissement des appareils a également des conséquences sur les conditions de travail des personnels de la sécurité civile, le recrutement étant déjà rendu complexe en raison de la technicité des profils recherchés. Le secteur souffre d’un manque d’attractivité, la rémunération d’un pilote d’avion de la sécurité civile étant souvent très inférieure à celle d’un pilote de l’aviation commerciale. Les conditions de travail sont particulièrement exigeantes, notamment durant la saison des feux (fortes chaleurs, terrains complexes, forte réactivité exigée, rythmes de travail irréguliers, etc). Une réflexion doit ainsi être menée pour renforcer l’attractivité de ces métiers, notamment en réduisant l’écart salarial avec le secteur privé.
Recommandation n° 2 : Renforcer l’attractivité des métiers de la flotte aérienne de la sécurité civile, notamment en alignant les rémunérations avec celles du secteur privé.
Sur le plan logistique, la maintenance des avions est assurée par une entreprise privée : Sabena Technics. Alors que ce prestataire n’avait pas donné entière satisfaction, notamment s’agissant des Canadairs en 2024, une nouvelle feuille de route conclue entre l’entreprise et la DGSCGC en 2025 vise à renforcer les opérations de MCO et ainsi faire remonter le taux de disponibilité des appareils.
2. Le renouvellement de la flotte d’hélicoptères soulage la disponibilité de la flotte sans pour autant résorber la crise
La maintenance des hélicoptères est réalisée par le centre du groupement d’hélicoptères de la sécurité civile, avec un marché passé avec les sociétés Airbus et Babcock s’agissant du soutien en pièces.
Alors que le renouvellement de la flotte par les H145 permettra de soulager les opérations de maintenance après une disponibilité affaiblie des hélicoptères ces dernières années, les appareils restent encore majoritairement des EC145, appareils plus anciens exigeant nécessairement des opérations plus lourdes.
Faute de personnel suffisant, certaines opérations de maintenance sont déléguées à des prestataires privés afin de soulager le centre, avec une qualité moindre ainsi qu’une durée et des coûts généralement plus importants. Cela conduit régulièrement le centre de maintenance à effectuer un nouveau travail de vérification et de rectification de l’appareil.
La presse locale s’est d’ailleurs faite l’écho de plusieurs situations d’indisponibilité des hélicoptères en raison d’opérations de maintenance. Ainsi, l’on apprenait dans le journal Ouest France du 6 septembre 2024 qu’un hélicoptère de la sécurité civile habituellement basé à Quéven dans le Morbihan a été délocalisé à Quimper dans le Finistère durant une semaine en raison du rallongement de la maintenance de plusieurs appareils suite à un problème d’approvisionnement en pièces. Dans le sud, les hélicoptères basés dans les Bouches-du-Rhône et l’Hérault ont également volé en alternance afin de limiter les sur-sollicitations.
C. LA LOCATION D’AÉRONEFS, COÛTEUSE À LONG TERME, NE PEUT ÊTRE QU’UNE SOLUTION D’APPOINT
Si la DGSCGC loue des aéronefs afin de compléter sa propre flotte notamment lors des saisons des feux, cette politique ne doit être qu’une solution d’appoint et ne saurait se substituer à de nécessaires investissements en propre.
EN FAIT, RIEN N'A ÉTÉ PRÉVU
Pourtant, n'est-ce pas François Bayrou qui a été pendant 4 ans "Haut commissaire au plan" ? N'aurait-il pas dû s'intéresser à la problématique de l'extension certaine des incendies en raison du dérèglement climatique à venir ?
Il devait soit-disant « éclairer les choix des pouvoirs publics » sur les questions démographiques, économiques, sociales, environnementales, sanitaires, technologiques et culturelles. Mais en quatre ans d'existence et de présidence Bayrou, le Haut-Commissariat au Plan (HPC) n'aura produit que 18 études, dont « l'immense majorité » ne se distingue guère des travaux d'autres organismes chargés de missions d'expertise, comme France Stratégie. Voilà le bilan sévère que dressait la commission des finances du Sénat, dans un rapport publié en septembre dernier. Elle conclut : "à ce jour, la contribution du HC à la définition des politiques publiques n'a pas pleinement répondu aux attentes" (cette conclusion édulcorée est due à un sénateur RN)
En clair, le HCP, créé par Emmanuel Macron en 2020 et confié à François Bayrou, s'est montré inefficace.
Des promesses de Pinochio
Pourtant, en Octobre 2022, après un été qui a notamment vu la Gironde ravagée par les flammes, Emmanuel Macron avait annoncé le renouvellement de 12 Canadairs ainsi que l’achat de quatre nouveaux pour 2028 dans la réalisation d'un grand plan de réarmement aérien d'urgence, promettant 250 millions d’euros pour remettre à neuf la flotte française.
Ce ne sera pas fait.
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Pour toute explication, le gouvernement se réfugie derrière des obstacles d'ordre technique. "la difficulté que nous avons connue ces dernières années c'était un manque de pièces détachées, suite à l'arrêt de la chaîne de production (les Canadairs ne sont plus produits). S’y ajoutent les difficultés internes de l’entreprise Sabena Technics, la seule en France en charge de la maintenance de ces équipements. Ils font face à une hémorragie de techniciens qualifiés.
ALORS, POLITIQUES LES INCENDIES ?
Voici ce qu'écrit Jean-Luc Mélenchon sur son blog :
"Les incendies monstrueux dans l’Aude après ceux de Marseille sont le résultat prévisible du refus et du mépris des gouvernements pour toutes les alertes écologiques et budgétaires depuis plusieurs années. En particulier celles des députés et militants insoumis. Je renvoie à ce sujet au rapport présenté par le député insoumis Damien Maudet qui est on ne peut plus clair sur le sujet. Son intervention sur RTL résume bien la situation et les responsabilités.
Les dégâts matériels, les blessures innombrables de la biodiversité, les milliers de personnes et de professionnels exposés aux risques de la lutte contre l’incendie, rien de tout cela ne tient à la fatalité. Tout est politique. Ce sont des choix politiques persistant au niveau global, on le sait, qui sont à l’origine du changement climatique. Mais dans le cas concret, la désinvolture dans la prévention et dans la préparation des moyens de lutte sont toutes liées directement aux choix politiques des gouvernements qui ont ruiné la France, détruit l’Etat dans le but de permettre au marché d’occuper la place tenue hier par les services publics. Naturellement cela n’a pas eu lieu.
Le capitalisme français est globalement parasitaire : il prend, ne donne que très peu et n’investit quasiment pas. Mais l’intention est là. Comme aux USA en Californie, le changement climatique et la peur des incendies, ce sont d’abord des opportunités de bonnes affaires : celles des compagnies d’assurance, des sociétés privées de prévention des risques et des marchands d’eau. Mais comme le désastre californien l’a prouvé, ce type d’économie du malheur ne peut pas vraiment fonctionner. Quand l’eau devient plus chère quand on a besoin alors celle qui ne peut être achetée parce que soit trop chère soit déjà monopolisée alors tout brûle à loisir et les coups financiers ne sont pas compensés par les primes d’assurances. Et ainsi de suite.
L’œuvre nocive de l’Union européenne doit aussi être mentionnée. Elle veut mettre un terme au système français du volontariat des pompiers. Ce serait de la concurrence déloyale à l’égard des sociétés privées qu’elle voudrait voir exister en France à leur place. Dans la confusion actuelle, ne perdez jamais de vue que la guerre de la finance contre les droits des peuples est permanente et universelle.
La France réelle et concrète façonnée par l’histoire de ses luttes et conquêtes est détruite méthodiquement par une politique qui méprise les exigences du vivant dans la nouvelle ère climatique. Le prochain projet de budget de Bayrou va encore aggraver la précarité des moyens dans ce domaine aussi. Ce ne sera ni un hasard ni une erreur de calcul mais la volonté maintenue et acharnée de continuer le plan de marche des néolibéraux.
Et maintenant tout le monde a compris que ce plan ne marche pas, qu’il ne conduit qu’à l’enrichissement de poignées de gens au détriment de tous et de la société humaine dans son ensemble. Ce plan a dorénavant un visage celui de Von der Leyen et de la vassalisation acceptée. Il ne faut pas perdre de vue cette composante du moment politique :la faillite économique, morale, intellectuelle du système dans l’esprit du très grand nombre. C’est un atout décisif dans la maturation de la révolution citoyenne qui mûrit si vite en ce moment. "
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