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Rue du Blogule Rouge Insoumis

Rue du Blogule Rouge Insoumis

Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le par rue du blogule rouge
Publié dans : #politique internationale

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Elle s’est faite en trois points :

1/ Comment contrecarrer les plans de l’Europe libérale en conservant une gestion publique des services publics.

2/ Comment obliger l’État à continuer de promouvoir les énergies renouvelables en interdisant le retour à l’énergie nucléaire.

3/ Comment obliger Berlusconi à se comporter comme n’importe quel citoyen en se rendant aux convocations de la justice de son pays.

En effet, les referendums en Italie ne peuvent qu’abroger des lois existantes. Encore fallait-il réunir suffisamment de signatures auprès du Conseil d’État pour déclencher le processus référendaire.

Pour être valable, le referendum devait aussi concerner plus de la moitié des électeurs. C'est pourquoi Berlusconi avait fait appeler à l’abstention et avait lui-même pris ostensiblement la direction de sa villa de Sardaigne pour le week end.

 Une petite villa estimée à 200 millions d’euros sur une propriété de 150 hectares. 28_000_DV39967.jpg

Les résultats ont été éloquents :

57% des italiens se sont déplacés pour voter.

95,7% se sont prononcés pour l’abrogation de la loi permettant la privatisation de l’eau,
96,1% pour l’abrogation de la loi de tarification de l’eau en fonction des profits,
94,6% contre la possibilité d’implanter des centrales nucléaires,

Plus de 95% contre la possibilité pour Berlusconi d’être absent lors de ses procès sous le prétexte d’une mission supérieure au service de l’État.

1/ Les services publics (la gestion de l’eau)

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La victoire est d’importance. Les Italiens ont estimé à une écrasante majorité que l’eau et sa gestion devaient rester une affaire publique et non devenir une source de profit capitaliste. Ils ont affirmé en réalité que la privatisation, qui portait sur un marché de 8 milliards d’euros, allait provoquer une hausse des tarifs sans pour autant apporter d’amélioration technique,  thème qui était l’argument avancé par le gouvernement pour justifier la loi Ronchi de 2009, qui vient d’être abrogée par le referendum.

La loi Ronchi

Cette loi proposait d’accélérer la privatisation des services publics en général, obligeant à adopter les principes de l’union européenne  d’ "économicité, efficacité, impartialité, transparence, etc. " pour confier les services publics appelés « services qui relèvent de l’économie » à des sociétés privées, ou bien à des sociétés mixtes (public-privé) à travers des appels d’offre publics. Dans les sociétés mixtes le capital privé devait être au moins de 40%.

La deuxième partie de la loi établissait que les sociétés qui s’occuperaient de la gestion du service hydrique intégré devraient laisser 70% de la société dans les mains des privés.

Pour les communes qui auraient eu la possibilité de confier les services à des sociétés publiques, le système appelé « in house », il y avait l’obligation d’arrêter tout court ou bien de céder 40% des actions aux privés d’ici le 31 décembre 2011.

Mais la loi approuvée par le précédent gouvernement de centre gauche de Romano Prodi était aussi en ligne de mire. Le texte voté en 2006 avait déjà prévu que des entreprises privées puissent entrer, de manière minoritaire, dans le capital des sociétés hydriques municipales avec pour objectif de trouver des investisseurs afin de moderniser les infrastructures.

Le sens d’une victoire

Selon le forum des associations qui luttent depuis un an et demi pour supprimer cette loi et qui avaient réuni 1 400 000 signatures pour déclencher le referendum, cette victoire montre l’opposition des Italiens  aux directives « libérales » européennes et leur attachement à la gestion publique :

« Pour le 1er referendum : le Conseil Constitutionnel avait démenti dans sa sentence le ministre Ronchi et tous ceux qui, comme lui, soutiennent que la loi était un acte obligé à cause des normes européennes. Le Conseil définit comme conséquence immédiate de la suppression de la loi Ronchi l’application de la norme communautaire qui prévoit la possibilité d’une gestion publique pour les services d’intérêt général. Nous avons donc la possibilité d’arrêter la marchandisation de l’eau.

Pour le 2ème referendum : en supprimant les profits de la gestion de l’eau, la seule forme de gestion que le citoyen souhaite serait donc une gestion publique. »

Les convoitises des grands groupes mondiaux suscitées par  la privatisation programmée par le chef de l’oligarchie italienne devront donc attendre.

À quand un referendum en France sur ce thème ?

2/ Ne pas revenir à l’énergie nucléaire

C’est en ces termes que se posait en Italie la question du nucléaire, puisqu’après la catastrophe de Tchernobyl, en 1987, un premier referendum avait déjà condamné l’énergie nucléaire en Italie. Mais, Impulsé en avril 2010 par MM. Sarkozy et Berlusconi (ce dernier avait relancé en 2010 le programme nucléaire italien mais avait été contraint de le stopper provisoirement après la catastrophe de Fukushima) un accord entre EDF et Enel prévoyait notamment le développement et la construction en commun de quatre réacteurs nucléaires de technologie EPR.

À l’instar de l’Allemagne et de la Suisse, l’Italie va donc sortir définitivement du nucléaire. Le débat en France est ipso facto relancé !

3/ Que Berlusconi soit jugé comme tout citoyen

 Qui est donc Berlusconi et pourquoi veut-il se soustraire à la justice ?

Fortune personnelle

Selon Forbes, Berlusconi est le 118ème homme le plus riche du monde avec une valeur nette de 7,8 milliards de dollars en 2009. Mais en 2010 sa fortune est estimée à 9 milliards de dollars (toujours selon Forbes) et il est considéré comme le troisième homme le plus riche d'Italie ! Il possède des biens propres répartis dans les secteurss de la télévision, des journaux, de la publicité, du cinéma, de la finance, des banques, des assurances et même du sport.

 Sa principale société, Mediaset, comprend trois chaînes de télévision nationales, qui couvrent environ la moitié du secteur de la télévision nationale. Il possède aussi Publitalia, le leader italien de la  publicité. Il est aussi propriétaire d’Arnoldo Mondadori Editore, la plus importante maison d'édition italienne, dont les publications comprennent Panorama, un des magazines d'actualités plus populaires du pays. Son frère, Paolo Berlusconi, possède et exploite il Giornale, un journal de centre-droit. Il foglio, un des plus influents journaux de la droite italienne, est partiellement détenu par son épouse, Veronica lario.

Berlusconi est également le fondateur et principal actionnaire de Fininvest, qui est parmi les dix plus grandes entreprises privées en Italie. Il fonda avec Ennio Doris Mediolanum, un des groupes des plus grandes banques et assurances du pays. Il s'intéresse à la distribution du cinéma et de la vidéo à la maison (Film de méduse et Penta Film). Il est également le propriétaire du club de football  Milan AC.

Sa carrière politique

Il a occupé le poste de premier ministre à trois reprises : de 1994 à 1995, de 2001 à 2006 et actuellement depuis 2008. Il est le leader du mouvement politique Peuple de la liberté, un parti de centre-droit, qu’il a fondé en 2009. Son ascension politique fut  d’ailleurs rapide et entourée de controverses.

Il fut élu membre du Parlement pour la première fois et nommé premier ministre après les élections législatives de mars 1994, alors que la Forza Italia avait obtenu la majorité relative trois mois seulement après avoir été officiellement lancée. Cependant, son cabinet s'effondra après sept mois, en raison de désaccords internes dans sa coalition. Après les élections parlementaires d’avril 1996, il fut à nouveau candidat pour être premier ministre mais fut battu par le candidat de centre-gauche Romano Prodi. En mai 2001, il fut de nouveau premier ministre jusqu'en 2006.

Chef d’une coalition de centre-droit aux élections législatives d'avril 2006, il perdit par une marge très étroite, son adversaire étant encore Romano Prodi. Mais il fut réélu aux élections législatives d'avril 2008, suite à l'effondrement, le 24 janvier 2008, du gouvernement de Romano Prodi et assermenté comme premier ministre le 8 mai 2008. Il l’est resté depuis.

Nombreuses accusations

Silvio Berlusconi traîne un volumineux dossier de mises en accusation criminelles, pour des motifs aussi variés que collusion avec la mafia, fausse comptabilité, fraude fiscale, corruption des agents de police et des juges.

Il a déjà été jugé plusieurs fois devant les tribunaux italiens. Dans trois de ces cas les accusations ont du être abandonnées  en raison des lois adoptées par sa majorité parlementaire. À chaque fois, il a été acquitté en première instance ou en appel ou les accusations ont été abandonnées en raison de l'expiration du délai de prescription. Par conséquent, il n'a pas été condamné jusqu'à maintenant, bien qu’il ait été reconnu coupable de fournir de faux témoignages en 1990.

 Berlusconi prétend que « c'est une persécution judiciaire manifeste, contre laquelle je suis fier de résister, et le fait que ma résistance et mon sacrifice donneront aux Italiens un système judiciaire plus équitable et efficace me rend encore plus fier », et il ajoute que "789 procureurs et magistrats s'intéressèrent à l'homme politique Berlusconi de 1994 à 2006 dans le but de subvertir les voix du peuple italien". Il prétend avoir « subi un calvaire ».

On relève d’ailleurs parmi ses avocats français, le nom d’un certain Nicolas Sarkozy, à l’époque où celui-ci était avocat d’affaires. Certains de ses avocats sont également membres du Parlement. Quant à certains de ses anciens procureurs, dégoûtés, ils ont  rejoint plus tard l'opposition parlementaire.

Les procès en perspective

Cette fois-ci, Berlusconi est poursuivi dans trois affaires, pour corruption de témoin, fraude fiscale et faux en bilan, prostitution de mineure et abus de pouvoir, et il comptait bien sur la loi dite "d'empêchement légitime"qui lui aurait permis d'éviter de se présenter à ses procès en raison de ses obligations de premier ministre. Malheureusement pour lui, les Italiens en ont décidé autrement et les procès des prochaines semaines seront intéressants à suivre.

Et le procès qu’on aurait du faire

Malheureusement aussi, il ne sera pas jugé pour les victimes sociales de son système économique libéral :

Publié le 23 mai, le dernier rapport annuel de l’Institut national de statistiques (Istat) consacré à « La situation du pays en 2010 » indique en effet  que « dans la décennie 2001-2010, l’Italie a réalisé la plus mauvaise performance productive de tous les pays de l’Union européenne ». Le chômage a touché 532 000 personnes de plus sur la période 2008-2010, le taux de chômage augmentant de 6,7 % à 8,4 % de la population. Fait nouveau et aggravant, « l’augmentation a touché toutes les classes sociales et l’ensemble des territoires. De plus, le chômage de courte durée observé dans la période 2008-2009 s’est transformé, en 2010, en chômage de longue durée ».

A cela s’ajoute l’explosion de la précarité, notamment chez les jeunes de 18 à 29 ans, dont le taux d’emploi atteint à peine 42 %. En 2008, 6 jeunes sur 100 étaient employés en contrat précaire ; ils sont 16 sur 100 en 2009 (plus d’un million de personnes sont concernées au total, soit 30,8 % de cette catégorie).

Enfin, l’endettement des ménages s’est accru de 1,9 % en décembre 2010 et de 2,6 % en janvier 2011, dans un contexte d’augmentation des prix à la consommation, notamment sur les produits alimentaires et les dépenses énergétiques. L’Institut conclut sobrement que 15 millions de personnes « en risque de pauvreté ou d’exclusion » vivent au sein de leur cellule familiale.

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