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Rue du Blogule Rouge Insoumis

Rue du Blogule Rouge Insoumis

Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le par rue du blogule rouge

P1010474La grève de deux semaines des éboueurs de la CDA de La Rochelle a suscité une dizaine d’articles dans le journal Sud-Ouest. On peut donc dire qu’elle a eu bonne presse quotidienne. C’est qu’elle a provoqué une forte inquiétude locale et s’est trouvée exposée aux feux d’une actualité  politique exacerbée en pleine période d’élection présidentielle.

Commencée le 17 avril 2012, elle s’est achevée Le 2 mai.

 

À l’appel de la CGT, 90% des  éboueurs avaient en effet décidé de revendiquer par la grève illimitée des améliorations salariales et de conditions de travail.

 

Il était prévu, d’après l’accord passé à l’origine avec la société Nicollin, le précédent délégataire, une augmentation de salaire de 2,5% en 2012. Mais la direction d’Urbaser, le nouveau délégataire désigné par la CDA depuis le 1er janvier 2011, souhaitait  étendre les tournées effectuées avec un seul ripper (elles concernaient déjà 30% des tournées). 

 

Après d’âpres négociations et 13 jours d’une grève difficile, rendue délicate par une direction agressive qui menaçait de sanctionner les grévistes et de les traîner devant les tribunaux, faisait intervenir des salariés venus d’autres centres de ramassage pour briser la grève et alors que les élus de la CDA restaient étrangement muets, qu’auront obtenu les salariés  ?

 

Les rippers qui effectueront leur travail en solo auront droit à une prime. Une pause de 20 minutes sera incluse dans le temps de travail lors de la tournée.  Une augmentation de 2,5% des salaires sera appliquée aussi en 2013. Les heures supplémentaires seront annualisées et les temps de douche et d'habillage pris en compte. Enfin, la moitié des heures de grève seront payées.

 

Sur le fond, cependant, de nombreuses questions restent posées à l’issue de la grève.

 

Elles concernent bien sûr Urbaser Environnement, la filiale de la société  espagnole Urbaser, « le Bouygues espagnol », d’après Sud-Ouest, qui, suspectée de dumping, avait déjà défrayé la chronique en remportant une douzaine de marchés en France en 2012. Est-il toujours indispensable de faire appel au "moins-disant", fut-ce au détriment de la qualité (du service rendu ou des salaires et des conditions de travail).

Elles concernent aussi la CDA de La Rochelle et ses élus qui, après avoir voté une délégation de service public à l’unanimité, perdirent leur sérénité et tentèrent de justifier leur choix.

La position de la CDA était-elle tenable ? Le silence étourdissant des élus au début du mouvement de grève était-il justifiable ?

 

«La CDA n’a pas à s’immiscer dans une négociation entre une société privée et ses salariés» a prétendu Maxime Bono. Certes, mais la CDA n’a-t-elle pas à intervenir pour que le service public soit assuré ? Plus précisément, si elle délègue ce service à une société privée, ne doit-elle pas exiger que ce service soit assuré ? Et s’il ne l’est pas, ne peut-elle avoir son mot à dire pour que le marché qu’elle a passé avec ladite société privée soit respecté ? Après tout, les administrés paient pour le ramassage des ordures ménagères. Ne peuvent-ils exiger qu’il soit effectif ?

 

Les revendications des salariés d’Urbaser étaient justes. Leurs salaires, à peine supérieurs au Smic, pour un travail difficile et éprouvant, étaient et sont toujours notoirement insuffisants. Leurs conditions de travail sont difficiles et dangereuses. Ne pouvait-on obliger la société privée qui les emploie et fait des bénéfices, à les satisfaire sans que la salubrité publique soit mise en cause et sans que le service public soit interrompu ? Et si ce n’est pas le cas, ne faut-il pas changer la loi et mettre en avant "l'humain d'abord" ?

 

Il faut donc en définitive se poser la question de l’utilité d’une délégation du service public alors que la communauté pourrait, par l’intermédiaire par exemple d’une régie, assurer elle-même la gestion du ramassage. Tout en assurant aux salariés une meilleure prise en compte de leurs conditions de travail et du montant de leurs salaires.

 

Vous pouvez lire à ce propos l’article d’Éric Durand, du Parti de Gauche, sur le blog d’Henri Moulinier "Quelles leçons tirer d'un conflit qui aurait pu être évité ?".

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