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Rue du Blogule Rouge Insoumis

Rue du Blogule Rouge Insoumis

Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le par rue du blogule rouge

Pour tous ceux qui ont voté Front de Gauche le mois dernier pour placer en politique l’humain d’abord et combattre la société du profit avant tout, de l’injustice sociale organisée et de la division par la haine raciale ou xénophobe, la question du vote au deuxième tour des élections législatives se pose de façon équivoque dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime dont fait partie Périgny. Les 2 candidats restant en lice, Ségolène Royal et Olivier Falorni sont sous les feux médiatiques pour des raisons politiciennes évidentes.

Que choisiront de faire les électeurs du Front de Gauche ?

Bien sûr, la candidate du Front de Gauche, Esther Mémain, a appelé à voter Royal au second tour et s’est même déplacée à la gare de La Rochelle accueillir des personnalités du PS (Ayrault et Aubry) et d’EÉLV (Duflot) pour afficher son soutien à la candidate officielle du PS au deuxième tour. Ce soutien a cependant été décidé unilatéralement, sans aucun débat parmi les militants du Front de Gauche. Pourtant, si certains appellent de leur côté à voter blanc, d’autres sont plutôt enclins à voter Falorni.

Les résultats du premier tour

Un focus sur Périgny

Dans une des communes de la circonscription, à Périgny le 1er tour a vu Esther Mémain, pour le Front de Gauche, perdre 422 voix par rapport au score de Mélenchon à l’élection présidentielle, soit 8,15%, tandis que Lacoste Lareymondie, pour le Front National, n’en perd que 257 par rapport à Le Pen, soit 3,93%. C’est donc un mauvais résultat, même s’il y avait 1184 votants de moins. Et même si Mémain  gagne 48 voix par rapport aux élections législatives de 2007 à Périgny.

Rappel des résultats à Périgny :

Participation :

 

Inscrits

votants

nuls

exprimés

% votants

1er bureau

821

528

2

526

64,31

3ème bureau

823

515

6

509

62,58

5ème bureau

933

560

2

558

60,02

6ème bureau

775

504

11

493

65,03

7ème bureau

762

499

6

493

65,49

2ème bureau

784

488

3

485

62,24

4ème bureau

648

411

4

407

63,43

Total général

5546

3505

34

3471

63,20

 

Première constatation, les électeurs se sont peu déplacés pour voter puisqu’il y a eu 1184 votants de moins soit 21,5% de moins que pour les élections présidentielles de 2012.

C’est sans doute là un effet de l’ordre chronologique de ces deux élections, l’élection présidentielle étant perçue comme la principale. Cette primauté est aussi très accentuée dans le cadre de la Vème République dont le régime permet au président de cumuler les pouvoirs.

Résultats du scrutin :

 

PÉRIGNY

ROMPSAY

TOTAL

%

B 1

B 3

B 5

B 6

B 7

B 2

B 4

Huguet Rodolphe (alliance royaliste)

0

0

0

0

3

0

0

3

0,09

Le Creff Michel (MRC)

0

0

2

1

1

1

3

8

0,23

Royal Ségolène (PS)

191

161

181

169

214

157

147

1220

35,15

Mémain Esther (FdG)

19

14

27

11

15

17

10

113

3,26

Deveaux Brigitte (EÉLV)

19

13

16

22

13

22

9

114

3,28

Chadjaa Sally (UMP)

105

110

122

86

72

93

73

661

19,04

Prenat France

1

7

3

5

3

2

5

26

0,75

De Lacoste Lareymondie Marie-Françoise (FN)

34

28

29

32

29

25

31

208

5,99

Jaulin Arnaud (Centre)

5

13

13

13

9

10

4

67

1,93%

Ignacimouttou Alain (Div G)

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Colin Antoine (LO)

2

2

2

1

3

0

1

11

0,32

Falorni Olivier (Div G)

134

141

149

147

116

147

118

952

27,43

Drageon François (PR)

9

14

7

3

8

10

5

56

1,61

Coindreau Michèle (Div D)

7

6

7

3

7

1

1

32

0,92

 

-Et sur la circonscription

Dans l’ensemble de la circonscription, Esther Mémain gagne 670 voix par rapport aux législatives de 2007 mais en perd 5793 sur Mélenchon à la présidentielle de 2012.

Est-ce la reproduction locale d’un phénomène national uniquement du à l’émiettement du Front de Gauche en représentants locaux de divers partis moins aptes à motiver les citoyens en faveur d’un projet commun ? Selon l’analyse pertinente de Raoul Marc Jennar : « C’est l’image d’un cartel d’organisations indépendantes qui s’est imposée. C’est le candidat d’un parti qui s’est présenté aux électrices et aux électeurs bien davantage que le candidat du Front de Gauche. Du coup, l’espérance dont le Front de Gauche est porteur s’est heurtée à l’image forcément réductrice portée par chacune de ses composantes. Même si, ici et là, des efforts ont été consentis pour exprimer le rassemblement, les électeurs ont vu davantage le parti politique dont est issu(e) le ou la candidate et ils ont voté en fonction de la représentation qu’ils s’en font. Cette perception du public a été renforcée par les médias qui ont, à de multiples reprises, souligné l’énorme déséquilibre entre les différentes composantes du Front de Gauche au niveau des candidatures. On n’a plus vu le projet commun et sa nouveauté ; on a vu la personne qui le portait, son parti et ses pratiques. Un grand nombre de gens qui aspirent au renouveau de la démocratie, à une implication citoyenne plus grande dans la vie de la cité, à une déprofessionnalisation du mandat public, à une rupture avec les pratiques locales trop souvent partagées avec les socialistes, à cette révolution citoyenne si bellement évoquée par Mélenchon n’ont pas nécessairement trouvé ce profil dans les candidatures proposées. »

Faut-il y voir aussi un désaveu de la candidate locale du Front de Gauche imposée par la direction départementale du PCF et qui a –c’est un euphémisme- peu fait campagne mais dont l’opposition à l’alliance de son parti au sein du Front de Gauche n’était un secret pour personne ?

Le débat du deuxième tour

Quels sont les arguments  des uns et des autres ?

Le vote blanc

Éric Durand, du Parti de gauche, mais qui s’exprime à titre personnel, appelle à voter blanc : « La bataille se joue entre une candidate à la législature qui ne s'intéresse à la Rochelle que pour conquérir le perchoir de l'Assemblée Nationale et un ex-futur socialiste, mis hors du PS le temps d'une élection, qui bénéficiera des voix de la droite (même si c'est à l'insu de son plein gré). Blanc bonnet et bonnet blanc …".

Le vote pour Royal

D’autres militants du Front de Gauche estiment qu’il ne faut pas mêler sa voix à celles de la droite et respecter la discipline républicaine, donc voter pour le candidat de gauche le mieux placé, Ségolène Royal, arrivée en tête du premier tour et considérée par eux comme la plus à gauche. « Cette question ne devrait pas se poser, Royal est en tête, la discipline s'impose : Falorni devrait se retirer et voter pour sa (ou son ex) camarade de parti. » appuie l’un d’eux.

La discipline invoquée n’a cependant pour but, généralement, que de battre le candidat de droite, or dans ce cas de figure, elle est absente du scrutin.

Adoubée par Maxime Bono, Ségolène Royal ne cache pas son ambition qui serait d’accéder au «perchoir», la présidence de l’Assemblée nationale. On ne peut pas oublier que sa désignation comme candidate par le parti socialiste a donné lieu à un feuilleton tragi-comique pour la gauche. Pour pouvoir la désigner, il fallait en effet passer outre la candidature Falorni, le secrétaire départemental du PS. Le PS a alors d’abord prétendu réserver la circonscription à une femme mais devant la menace de permutation entre Falorni et sa suppléante, le parti a finalement décidé de la réserver directement à … Ségolène Royal, sans passer par le vote préalable des militants. Comment peut-elle ensuite se prévaloir d’une démarche démocratique dans ces conditions ?  Et si Royal, comme l’invoquent certains, représente un tel atout dans le jeu national du PS, (mais pourquoi alors, n’est-elle pas allée « aux charbons » dans une circonscription plus difficile ?), les électeurs du Front de Gauche ont-ils tellement intérêt à voter pour elle ?

Le vote pour Falorni

Puisqu’il n’y a aucun  risque de voir la droite s’imposer dans cette circonscription les deux seuls candidats restants étant Royal et Falorni, il semble bien permis aux électeurs du Front de Gauche d’hésiter à se prononcer.

Falorni, faisant preuve d’un certain courage en refusant les offres qui n’ont pas manqué de lui parvenir,  a décidé de maintenir sa candidature malgré les appels de ceux qui, après l’avoir exclu du PS dont il était le secrétaire départemental depuis 2004, lui demandaient de respecter la discipline de parti.

Qu’aurait signifié par ailleurs un retrait de Falorni ? Royal serait devenue alors la seule candidate et ce n’aurait plus été une élection mais un plébiscite.

Peut-on reprocher sérieusement à Falorni de bénéficier du soutien de la droite ?

Tout le monde a bien compris que ce soutien est uniquement conjoncturel et ne doit son existence qu’au souci de contrarier l’action du PS à travers la dimension politicienne nationale de Ségolène Royal. Il ne représente en aucun cas un engagement de sa part. Devrait-il refuser les voix de droite ? Les appeler à l’abstention ? Comment aurait agi Royal dans cette situation ? Il est permis de se le demander.

Même si Falorni n’est, aux yeux des militants du Front de Gauche, pas plus à gauche que Royal, il soutiendra au plan national la même politique, celle d’Hollande, autant qu’elle. Au plan local, peu de choses les distinguent et pour tout dire, on ne voit pas lesquelles, si ce n’est une implantation plus ancienne de Falorni. La décision ne peut donc pas se faire sur ce point. Elle restera donc au niveau de la perception qu’a chacun de la personnalité des candidats et sera très peu politique.

 

Voir ici différentes réactions sur le blog d'Henri Moulinier qui a, lui, engagé le débat.    

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