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Rue du Blogule Rouge Insoumis

Rue du Blogule Rouge Insoumis

Dans la rue du blogule rouge on s'intéresse à toutes les affaires de la cité et des citoyens.

Publié le par rue du blogule rouge

Durant la campagne électorale, François Hollande avait affirmé que la France ne ratifierait pas le Pacte budgétaire sans l'avoir renégocié.

Il avait précisé lui-même les trois points clés de cette renégociation :

  •  Possibilité pour la Banque centrale européenne de financer directement les États.
  •  Mise en place d'euro-obligations pour que les pays de la zone euro puissent emprunter solidairement.
  • Mesures de relance de la croissance en Europe.

À peine un mois plus tard, que reste-t-il de ces belles promesses ?

À peu près rien et Jean-Luc Mélenchon doit constater sur son blog :

« C’est fini. Le nouveau Traité européen préparé par Merkel et Sarkozy s’imposera tel quel. François Hollande  considère que les négociations ont abouti ».

Un sommet européen pour rien

Á l'issue du sommet des 28 et 29 juin, le président de la République vient en effet d'annoncer qu'il va demander au Parlement une ratification « rapide » du Pacte budgétaire. Il renie ainsi sa promesse de renégocier ce traité. Il ne reste plus de la renégociation promise qu’un paquet cadeau aux libéraux et au libéralisme que soumettra François Hollande à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Car ce Traité interdit notamment d’avoir des déficits structurels supérieurs à 0,5%, couronnant ainsi les politiques austéritaires engagées depuis quatre ans.

ATTAC en fait une analyse précise : « L'échec est en réalité total : non seulement la BCE ne financera pas directement les États, mais elle n'aura plus besoin, après le sommet du 28-29 juin, d'acheter des obligations des pays attaqués par les marchés financiers, comme elle avait du le faire à son corps défendant – en 2011. Désormais, c'est le Fonds européen de stabilité financière (puis le Mécanisme européen de stabilité qui va lui succéder) qui interviendra pour réduire la pression sur les États attaqués. Même le FESF (puis le MES) ne pourront pas être financés directement par la BCE : ils devront se financer eux-mêmes sur les marchés. En outre les pays recourant à l'aide du FESF-MES – comme l'Espagne et l'Italie très prochainement - devront signer un mémorandum les soumettant à la Troïka (Commission, BCE, FMI) ;

La perspective des euro-obligations est remise aux calendes grecques, et même pas évoquée dans les conclusions du sommet.

Quant au « pacte pour la croissance » de 120 milliards d'euros, c'est une opération de communication politique. 60 milliards proviennent de fonds structurels « redéployés »: des sommes déjà votées et programmées pour 2012-2013. C'est comme remettre un cadeau dans son emballage pour l'offrir à nouveau... L'autre moitié sont des prêts hypothétiques de la Banque européenne d'investissement pour des « grands projets » d'investissements privés dont on ne connaît encore rien. »  

C’est parti pour l’austérité de gauche

Et aussitôt, Le gouvernement Ayrault d’annoncer une baisse drastique des dépenses publiques. Dans certains ministères, 60% des départs pourraient ne pas être remplacés. Pourtant, lorsque le Figaro avait révélé l’information une semaine auparavant, François Hollande avait fermement démenti.

Mais bye-bye les promesses, et bienvenue à la rigueur, donc, même si l’emploi du  mot est proscrit par les socialistes.

Le nombre de fonctionnaires doit diminuer de 2,5% par an entre 2013 et 2015, hors secteurs prioritaires (Education, Justice, police et gendarmerie), qui seront les seuls à voir leurs effectifs augmenter  durant le quinquennat. Matignon poursuit un double objectif : stabiliser les effectifs publics d’ici 2017 tout en renforçant ces trois ministères.  François Hollande avait promis durant sa campagne de ne pas revenir sur les engagements du précédent gouvernement. Or, Nicolas Sarkozy s’était engagé auprès de Bruxelles à ramener d’ici 2013 le déficit budgétaire à 3% du PIB -en 2012 il était de 4,5%- ; Il faut donc bien piocher dans certains ministères pour redistribuer aux autres. Une logique implacable que le ministre du travail Michel Sapin a résumée  prosaïquement : « Quand on a une priorité quelque part, ça veut dire que dans les autres secteurs, on diminue les effectifs. C'est quand même simple à comprendre et je crois que les Français le comprennent très bien ».

Non-remplacement de trois fonctionnaires sur cinq dans certains secteurs


Le gouvernement Fillon a supprimé 150 000 postes de fonctionnaires en cinq ans, grâce à la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, y compris dans l’Education et la police. En accordant un régime de faveur aux trois ministères, celui d’Ayrault risque de voir cette règle passer à trois sur cinq dans certains secteurs. Et de plus, en dehors de ces coupes drastiques, c’est l’ensemble des ministères, prioritaires compris, qui devront désormais se serrer la ceinture.

Première étape du projet de loi de finances

Matignon engage les ministres à présenter leurs propositions d’économies lors d’une réunion prévue courant juillet. Le chef du gouvernement allouera ensuite à chaque ministère un budget pour les trois prochaines années. Mais ces coupes dans les dépenses publiques ne représentent qu’un premier pas. En effet, le gouvernement travaille sur un projet de loi de finances (PLF) pour 2013, qui sera présenté au Parlement à la rentrée. Quant à la Cour des comptes, elle doit remettre son rapport sur les finances publiques lundi 2 juillet au matin à Jean-Marc Ayrault. Le premier ministre ajustera ensuite les politiques budgétaires et fiscales d’après ses conclusions.

Le coup de pouce au SMIC de « captain Carembar »

Un peu avant, le gouvernement avait déjà rendu son premier arbitrage : les syndicats voulaient un SMIC à 1700 € bruts, comme l’avait proposé le Front de Gauche. Mais le MEDEF criait au loup en prétextant que les PME allaient fermer leurs portes, écrasées par la concurrence internationale « qui n’a pas les mêmes charges », omettant le fait que la majorité des bas salaires en France concerne la restauration, le commerce ou le bâtiment, domaines qui ne craignent en aucune façon la concurrence de produits importés. Validant sur le fond ces théories de classe, le gouvernement a accouché de 2% d’augmentation du SMIC, ce qui, compte tenu de l’inflation et du gel depuis 2006, correspond, selon le mot de Jean-Luc Mélenchon, à un carembar gratuit par jour. Merci François Hollande, merci Captain Carembar !

Et surtout, adieu à l’espoir d’un renversement des théories libérales par la gauche élue au parlement. Pourtant, les faits sont têtus, les oligarques responsables des marchés financiers  toujours aussi gourmands et la crise systémique ne fait que commencer.

La page électorale une fois tournée, que peut-on faire ? Nous nous sommes dotés d’un outil avec la constitution du Front de Gauche et de ses assemblées citoyennes pour débattre et agir ensemble. Le combat ne fait que commencer :

On lâche rien !

Exigeons un referendum sur le projet européen !

« Résister et tenir bon sont la seule forme d’action qui paye dans les bras de fer en Europe. Le gouvernement français a fait de la figuration. Maintenant il fait le ravi. Plus que jamais c’est au peuple de se prononcer et non pas à une assemblée ou droite et socialistes vont voter sans discussion possible leur programme commun européen. » (l’Humanité du 30 juin 2012). 

La seule manière d'éviter le désastre est que les citoyens s'emparent du débat et exigent d'être consultés par un referendum.  

Exigeons aussi pour commencer une vraie revalorisation du SMIC et des bas salaires !

 

 

 

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